Deutsche Bank sort une obligation hybride de son chapeau
Sous la pression du marché pour renforcer sa solidité financière, Deutsche Bank a dévoilé hier un projet d’émission de dette hybride, dont le premier pas prendra la forme dès le mois prochain d’une obligation «CoCo» (pour contingent convertible) d’un montant d’au moins 1,5 milliard d’euros. La banque allemande est ainsi sortie du bois à la veille de la publication de ses résultats trimestriels attendus bien ternes. Les analystes interrogés par Bloomberg misent sur un repli de 39% du résultat net à tout juste un milliard d’euros (1,01 milliard), pour un produit net bancaire en recul de 9% à 8,5 milliards.
Deutsche Bank a donc voulu rassurer le marché dès hier soir sur sa capacité à faire face aux bourrasques. Les détails de la manœuvre seront présentés selon la banque aux investisseurs au cours de la semaine prochaine, passant par une conférence téléphonique le mercredi 7 mai. L’opération sera libellée en plusieurs devises selon la banque, Reuters faisant état d’attentes de marché pour l’euro, le dollar et la livre.
L’opération annoncée hier constitue la première étape d’un programme destiné à lever d’ici fin 2015 environ 5 milliards d’euros de capital reconnu comme faisant partie des fonds propres prudentiels et classés dans la catégorie Additional Tier 1 (AT1) destinée à venir renforcer la solidité des établissements bancaires en période de fortes turbulences.
Les régulateurs allemands ont récemment donné leur feu vert à de tels instruments, en finalisant leur cadre fiscal, nombre de banques européennes comme Barclays, Credit Suisse ou Santander ayant d’ores et déjà tiré parti de l’appétit des investisseurs. Ces derniers pourraient perdre de façon temporaire une partie de leur mise dans le cas de l’opération dévoilée par Deutsche Bank si le ratio common equity tier 1 de la banque devait passer sous le seuil des 5,125%. Ce risque est le prix à payer par les investisseurs pour bénéficier d’un rendement intéressant, qui s’élève en moyenne pour les obligations «CoCo» à 6% environ selon l’indice de Bank of America Merrill Lynch.
Et alors que les analystes de RBS estimaient le mois dernier que Deutsche Bank est « l’une des banques qui a les plus forts besoins en termes de capitaux contingents», le ratio common equity tier 1 de la banque sous Bâle 3 s’élevait à 9,7% à fin 2013.
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