Deutsche Bank recentre sa gestion d’actifs pour renforcer ses fonds propres

Les exigences réglementaires représentent un défi difficile à relever pour l'établissement allemand, qui étudie une cession partielle du pôle
Antoine Landrot

Sous la pression des marchés et de la réglementation, Deutsche Bank a décidé de passer en revue la majeure partie de sa gestion d’actifs. Les activités de DWS Investment en Europe et en Asie sont exclues du processus, car elles sont d’emblée considérées comme des éléments centraux de son activité de banque de détail.

Sont en revanche concernées DWS Americas, le pôle d’investissements immobiliers RREEF, DB Advisors et Deutsche Insurance Asset Management. Ils représentent environ deux tiers des 515 milliards d’euros gérés par Deutsche Bank. «Cette étude stratégique évaluera les effets que provoquent les changements réglementaires et l’évolution de l’environnement concurrentiel sur la branche de gestion d’actifs et ses perspectives de croissance», expliquait mardi soir l’établissement allemand dans un communiqué (L’Agefi du 23 novembre).

Deutsche Bank pourrait retirer entre 3,5 et 4,5 milliards d’euros de la vente de ses filiales. De quoi renforcer son capital, considéré comme l’un des plus fragiles en Europe. Le mois dernier, l’Autorité bancaire européenne (ABE) a estimé qu’il manquait 5,2 milliards d’euros au secteur bancaire allemand pour atteindre un ratio de fonds propres durs core tier one de 9%, niveau de solvabilité minimum requis au 30 juin 2012 par la réglementation dite de Bâle 2.5.

En outre, la simulation des tests de résistance de l’ABE réalisée par Deutsche Bank a révélé que l’application accélérée des règles de Bâle 3 le 1er janvier 2013 ferait passer son ratio core tier one à 8,5%. Ce déficit en capital de 50 points de base a été évalué à 2 milliards d’euros par les analystes de RBS.

Or, le mois dernier, le président du directoire Josef Ackermann (dont c’est le dernier mandat) avait déclaré que la banque ferait tout son possible pour éviter une recapitalisation forcée et qu’elle disposait de suffisamment de ressources pour se préparer à une crise. La cession d’actifs en est une, même si ceux-ci sont bénéficiaires.

En effet, la gestion d’actifs a grandement contribué à réduire la dépendance de l’établissement allemand envers sa banque d’investissement, dont le bénéfice avant impôt a chuté de 75% au troisième trimestre. La sous-division Asset Management a, elle, vu le sien progresser de 83% en un an (à 316 millions d’euros). Mais en dépit de ces résultats, certaines activités de Deutsche Bank, aux Etats-Unis notamment, ne sont pas parvenues à se hisser parmi les leaders.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...