Deutsche Bank provisionne ses encours de dette grecque
Pour Josef Ackermann, le patron de Deutsche Bank, «l’objectif de générer un résultat brut de 10 milliards d’euros en 2011 demeure à portée de vue, mais les conditions de marché se sont détériorées.» Cela concerne en particulier la BFI de la première banque allemande qui devrait avoir du mal à réaliser ses prévisions. «Tout dépendra désormais de la résolution des problèmes de la dette souveraine», a expliqué le dirigeant. Autre condition, l’amélioration substantielle des conditions de marché au second semestre. Au cours des six premiers mois de l’année Deutsche Bank a gagné 5,5 milliards avant impôts, soit un peu plus de la moitié de l’objectif visé.
Au deuxième trimestre, la banque a fait état d’un résultat opérationnel de 1,8 milliard, en hausse de 17% sur un an. Ce chiffre inclut une dépréciation de 155 millions sur les obligations grecques, à rapporter à une exposition en portefeuille bancaire de 1.154 millions à fin juin. Soit un taux de provisionnement de 13,4%, inférieur à la perte de 21% (242 millions, dans le cas de Deutsche Bank) que les créanciers privés devront prendre aux termes de l’accord sur les aides à la Grèce.
Pour se prémunir des risques venant des dettes souveraines, la banque allemande y a fortement diminué son exposition. Elle s'établit désormais à 3,7 milliards d’euros fin juin contre 12,1 milliards fin 2010. Selon son directeur financier, Stefan Krause, cette baisse provient essentiellement du retrait de la dette italienne, dont l’exposition s'établit à 997 millions d’euros fin juin contre 8 milliards fin 2010. Deutsche Bank avait hérité ce portefeuille de sa nouvelle filiale Postbank. Outre l’Italie, la banque de Francfort s’est aussi défaite de la moitié de sa dette espagnole dont l’engagement se monte désormais à 1,07 milliard contre 2,28 milliards fin décembre.
Deutsche Bank précise par ailleurs que la taxe bancaire instaurée par le gouvernement allemand lui coûtera cette année quelque 124 millions d’euros. En dépit de ces charges supplémentaires la banque s’enorgueillit d’avoir relevé son taux de fonds propres tier one (hors capitaux hybrides) à 10,2%, soit 150 points de base de plus qu’il y a six mois. Les experts soulignent par ailleurs que Deutsche Bank, malgré la forte hausse des revenus des activités stables, demeure dominée par sa BFI qui a généré à elle seule 1,3 milliard d’euros de bénéfices avant impôt au deuxième trimestre.
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