Deutsche Bank enregistre une lourde perte au quatrième trimestre

Sous le poids des litiges, la banque allemande affiche une perte brute de 1,15 milliard d’euros au titre du dernier trimestre de l’exercice écoulé
Antoine Duroyon

En réaction à des informations de presse faisant état d’un éventuel avertissement sur résultats, Deutsche Bank a publié hier soir de manière inattendue des résultats préliminaires au titre du quatrième trimestre et de l’ensemble de l’exercice 2013. Ces données doivent faire l’objet d’une conférence téléphonique ce matin avec les analystes. La première banque allemande devait initialement communiquer le 29 janvier.

Au dernier trimestre de l’exercice écoulé, le groupe a enregistré une perte brute de 1,15 milliard d’euros (965 millions en net). «L’année 2013 a été la deuxième de suite au cours de laquelle nous avons investi dans la croissance future et dans le renforcement de nos procédures de contrôle tout en traitant les problèmes du passé. Ces éléments ont affecté nos résultats financiers», ont commenté les deux co-responsables de l'établissement, Anshu Jain et Jürgen Fitschen.

Le quatrième trimestre a en effet été marqué par des éléments exceptionnels : 528 millions d’euros de charges juridiques, 623 millions d’euros liés à des provisions comptables (CVA/DVA/FVA), ainsi que 509 millions d’euros de coûts de restructuration. Les revenus à l'échelle du groupe ont reculé de 16% pour s'établir à 6,58 milliards d’euros, en partie à cause de la faiblesse des activités de financement corporate et du métier titres.

A la fin de l’année, le ratio de fonds propres core tier one (en adéquation avec CRD4) s'établissait à 9,7%, inchangé par rapport à fin septembre. Le communiqué précise que la perte essuyée au quatrième trimestre a été compensée par une réduction de 10 milliards d’euros des actifs pondérés du risque (RWA). Le ratio de levier reste lui aussi au même niveau, comparé à la fin du troisième trimestre, à 3,1%.

Malgré ce quatrième trimestre dans le rouge, le résultat brut ressort sur l’ensemble de l’exercice à 2,07 milliards d’euros, en hausse de 154% par rapport à 2012. En net, il s'établit à 1,08 milliard contre 700 millions l’année précédente. Les frais juridiques ont totalisé 2,5 milliards d’euros, alors que la banque pouvait encore compter à la fin de l’année sur 2,3 milliards d’euros de provisions. «Nous nous attendons à ce que 2014 soit une nouvelle année de défis et de discipline dans la mise en oeuvre de notre stratégie, mais nous sommes néanmoins confiants dans notre capacité à atteindre les objectifs 2015», a prévenu hier la direction du groupe.

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