Deutsche Bank critique à son tour la BCE
Deutsche Bank a joint sa voix mercredi au concert de critiques à l’encontre de la Banque centrale européenne (BCE), son directeur financier estimant que l’institut de Francfort devrait davantage protéger les banques de la zone euro et leur fournir un environnement stable.
La BCE et d’autres institutions « devraient s’employer à défendre les banques pour soutenir l'économie », a déclaré James von Moltke, lors d’une conférence financière organisée par UBS relayée par Reuters.
Des informations de presse ont fait état ces derniers jours de tensions entre la BCE et la banque italienne UniCredit au sujet de son projet de distribution de liquidités aux actionnaires et de sa présence en Russie.
Andrea Enria, le responsable de la supervision du secteur bancaire au sein de la BCE, a en outre indiqué lundi que l’institution de Francfort examinait attentivement les projets de rémunération des actionnaires des banques de la zone euro.
Interrogé lors de cette conférence retransmise en ligne sur le site Deutsche Bank, James von Moltke a dans un premier temps indiqué qu’il ne ferait aucun commentaire sur la BCE, avant de se raviser et de déclarer que l’institution de Francfort était « en retard » dans le relèvement des taux d’intérêt.
Rétroactivité critiquée
Il a également dénoncé la décision de la BCE de modifier les modalités des prêts très avantageux accordés aux banques via les TLTRO (opérations de refinancement à plus long terme ciblées), considérées comme une subvention pour ces établissements. « Nous sommes très critiques » à l'égard de cette décision, a-t-il dit.
Selon le directeur financier de Deutsche Bank, les autorités de régulation doivent offrir aux banques un environnement de capital stable afin que celles-ci puissent se projeter et financer l'économie. « Notre environnement financier a été tout sauf stable au cours des dernières années », a-t-il poursuivi.
« Très souvent, nous nous perdons dans des règles, des modèles, des limitations et des évaluations de risques, et nous ne laissons pas le secteur bancaire faire ce qu’il devrait faire (...) être un moteur de l'économie », a-t-il ajouté.
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