Des chercheurs de la BCE dressent un bilan mitigé de la TTF italienne
La taxe, introduite en 2013, a entraîné une baisse de la liquidité et augmenté la volatilité, sans faire chuter les volumes ou la performance.
Publié le
Bastien Bouchaud
L’effet de la TTF sur la liquidité des titres apparaît particulièrement important et s’explique, selon les chercheurs, par la hausse logique des coûts de transaction.
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Alors qu’un accord entre pays européens pour la mise en place d’une taxe sur les transactions financières (TTF) ne cesse d’être repoussé et apparaît toujours plus compromis, des chercheurs de la Banque centrale européenne se sont intéressés aux effets de son introduction en Italie en mars 2013. Aidés par la conception de la mesure italienne, qui ne s’applique qu’aux titres de sociétés valorisées plus de 500 millions d’euros, Giuseppe Cappelletti, Giobanni Guazzarotti et Pietro Tommasino constatent que la réforme aura eu pour effet de réduire la liquidité des titres visés et d’augmenter leur volatilité, sans pour autant affecter leur performance ni les volumes échangés.
L’effet de la TTF sur la liquidité des titres apparaît particulièrement important et s’explique, selon les chercheurs, par la hausse logique des coûts de transaction. «D’un point de vue économique, l’effet est substantiel, étant de l’ordre de 0,5% dans la plupart des estimations, écrivent les auteurs. Pour mettre la valeur estimée en contexte, le spread médian bid-ask parmi les valeurs exemptées étudiées atteignait environ 0,7% pour le mois de mars 2013.» L’accroissement de la volatilité est également significatif, «quantitativement, cet effet équivaut à une hausse d’environ 10%».
Ces résultats devraient nourrir l’opposition des professionnels de la finance, très critiques vis-à-vis de la réforme et qui ont souvent mis en avant les risques d’une réduction de la liquidité en cas de taxation indiscriminée des participants aux marchés. L’accord partiel signé en décembre dernier envisageait déjà des exemptions sur certains marchés peu liquides et les discussions du mois de juin ont révélé qu’une exemption élargie aux activités de «market making» restait sur la table.
L’absence de répercussion sur les volumes échangés pourrait être liée à une autre particularité de la taxe italienne qui s’applique à un taux deux fois plus élevé aux échanges «over the counter» (OTC). D’après la Consob, la valeur des échanges OTC a chuté de 31% entre mars et août 2013, contre une augmentation de 9% sur les plates-formes régulées, laissant supposer qu’une migration des échanges a eu lieu et camouflant une chute des volumes en agrégé.
Alors que la Commission a revuà la baisse les gains potentiels de cette taxe à 22 milliards d’euros, une décision des onze pays encore engagés dans les discussions est attendue en septembre.
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