L’Europe trouve un accord seulement partiel sur la TTF
Dix pays de la zone euro ont conclu mardi un accord sur de grands principes relatifs au projet de taxe sur les transactions financières (TTF). Ils se sont donné jusqu’au milieu de 2016 pour parvenir à un compromis sur les questions en suspens, à commencer par le taux de prélèvement. La TTF, censée permettre aux Etats de récupérer une partie des fonds engagés pendant la crise pour soutenir les banques, fait l’objet depuis 2011 de discussions épineuses.
Le communiqué publié mardi précise que la TTF s’appliquerait à l’ensemble des transactions, y compris les échanges intraday et qu’elle serait acquittée par les intermédiaires engagés dans la transaction sur les titres émis dans l’un des pays signataires. Des exemptions pourraient toutefois être prévues pour ne pas compromettre la liquidité de certains marchés peu liquides, précise le communiqué de l’Ecofin. Les ministres vont aussi étudier l’opportunité de taxer la totalité des actions quel que soit leur lieu d'émission. Les produits dérivés, en dehors des options, devraient être taxés sur la base du notionnel, ajusté ou pas en fonction de l'échéance.
Lors de la réunion de l’Ecofin mardi à Bruxelles, l’Estonie a toutefois refusé de signer le communiqué rédigé par les dix autres pays. La majeure partie des titres échangés par ses institutions financières étant émis en dehors du groupe des pays signataires, elle estime que les modalités prévues la priveraient des recettes de la TTF tout en incitant les intermédiaires financiers à se délocaliser.
De nouveaux travaux techniques vont donc devoir être menés avec la Commission européenne. Les études à mener au cours des mois à venir devront aussi porter sur l’impact de la TTF sur l'économie réelle et le financement des retraites, ainsi que sur sa viabilité financière dans chacun des pays concernés.
Plus d'articles du même thème
-
La tentative de régulation mondiale de l'IA souffre de grands absents
Les dirigeants de 22 pays ont signé une déclaration commune en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, dans laquelle ils préconisent l'adoption de mesures de sécurité contraignantes face à la course effrénée de l'IA. Les Etats-Unis, la Chine et la France font figure de grands absents. Plusieurs incidents ont pourtant révélé les failles de sécurité d’un secteur où la montée en puissance des modèles s’accélère. -
Les banques gèrent tranquillement leurs anciennes dettes subordonnées
L’Autorité bancaire européenne (EBA) a considéré fin février qu’elle avait mené à bien sa mission d’accompagnement et de suivi de l’extinction des dettes subordonnées historiques («legacy»), émises avant 2013 et Bâle 3. De quoi permettre aux établissements de crédit de conserver quelque peu les rares titres aux coupons encore avantageux pour eux. -
L’Argentine paye la facture cachée de la lutte contre l’hyperinflation
La thérapie de choc menée par Javier Milei face aux déséquilibres qui s’étaient accumulés dans l’économie est saluée pour ses résultats. Mais cet ajustement peine à se transmettre à l’économie réelle à cause d’un endettement élevé des ménages. La méthode plus mesurée engagée par la Turquie a été moins défavorable. -
Remake AM dégaine Remake Kross, sa troisième SCPI
Ce lancement intervient une semaine après celui d'un FPS agréé Eltif, Remake Pulse. La société de gestion cherche à couvrir l'intégralité des canaux de distribution de l'épargne immobilière. -
La hausse des transferts en santé s'oriente vers un niveau record
En 2027, les assureurs santé s’attendent à devoir absorber 2,5 milliards d’euros de taxes et transferts supplémentaires. C’est davantage que l’an dernier et cela affectera nécessairement les tarifs des prestations complémentaires pour l’année à venir. -
Les notaires minorent les 9.000 milliards d'euros de la grande transmission
La distinction entre flux successoral et patrimoine taxable au moment du décès ainsi que les coûts des soins liés à la vieillesse et à la dépendance sont autant de facteurs qui relativisent les encours de la grande transmission, selon une étude du Conseil supérieur du notariat.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- Léa Dunand-Chatellet (Mirova) : «Nous voulons passer d'un acteur intermédiaire à un vrai leader»
- Amundi réorganise ses relations clients institutionnels et sa distribution
- Le métier titres de BNP Paribas réorganise son département dédié aux actifs numériques
- La donnée ESG s'impose comme un levier stratégique dans les entreprises
- Les particuliers français propulsent la collecte des ETF européens vers un nouveau record
Contenu de nos partenaires
-
Sous-titresDonald Trump et l'ONU : la stratégie de l'amour-haine
Malgré sa rhétorique anti-multilatéraliste et ses coupes budgétaires, le président n'a pas encore tiré un trait sur les Nations unies -
Gestion de criseCarburants : le goutte-à-goutte de Lecornu
Le Premier ministre s'en tient à la stratégie éprouvée depuis mars malgré la pression. Mais l'argument de la dette qui empêche un geste plus large tiendra-t-il longtemps ? La décision de l'Allemagne de baisser ses taxes isole la France -
La Fabrique de l'OpinionLéon XIV en France : « Le plus important n’est pas que le pape soit admiré, mais qu’il soit écouté »
Le voyage du pape en France, qui s'annonce hors normes en termes d'affluence, intervient en pleine campagne présidentielle, et peu après la légalisation de l'aide à mourir, à laquelle l'Eglise est profondément opposée. Mgr Matthieu Rougé décrypte les enjeux et les attentes qui entourent cette visite.