Dans la City, la finance reprend confiance
Le marché de l’emploi au sein de la place financière londonienne est loin d’avoir retrouvé des couleurs. Selon le cabinet de recrutement spécialisé dans les services financiers Morgan McKinley, la quantité de postes créés à Londres au quatrième trimestre 2019 a diminué de 29% en glissement trimestriel, et de 42% sur un an. Néanmoins, la bonne nouvelle provient d’un dynamisme inhabituel des candidats en cette période de l’année : le nombre de demandeurs d’emploi a ainsi progressé de 38% en glissement mensuel de novembre à décembre, et de 24% par rapport à décembre 2018 : «Les demandeurs d’emploi sont en première ligne sur le marché du travail, c’est pourquoi il est si encourageant de les voir rechercher agressivement leur prochaine opportunité», explique Hakan Enver, directeur chez Morgan McKinley.
Pour le professionnel, ce rebond est la conséquence d’une confiance accrue dans l’économie britannique : «nous voyons même de plus en plus de Britanniques habitant dans l’un des pays de l’UE rentrer chez eux à la recherche de leur prochaine opportunité professionnelle».
Cette étude fait écho à une enquête publiée début janvier par la Confédération de l’industrie britannique (CBI) en collaboration avec PWC : pour la première fois depuis 2017, les entreprises spécialisées dans les services financiers interrogées tablent sur une amélioration des conditions d’activité. Ce sursaut d’optimisme contredit pourtant les chiffres : outre-Manche, les sociétés de services financiers ont enregistré au dernier trimestre 2019 leur plus forte baisse du volume d’activité depuis septembre 2012. Les bénéfices ont également chuté à leur rythme le plus rapide depuis juin 2009.
Dans un proche avenir, le regain d’activité dans la City pourrait bel et bien provenir des sociétés de services financiers européennes : quelque 1.441 entreprises basées dans l’Union européenne ont demandé à la FCA, le régulateur britannique, l’autorisation d’opérer au Royaume-Uni après le Brexit, et plus de 1.000 d’entre elles prévoient d'établir leur premier bureau au Royaume-Uni, selon une étude publiée hier par le cabinet de conseil en réglementation financière Bovill. «En termes pratiques, cela signifie que des sociétés européennes achèteront des bureaux, recruteront du personnel et s’entoureront des conseils de cabinets juridiques et de conseillers financiers», explique Ed O’Bree, associé chez Bovill. Fait intéressant : le plus grand nombre de demandes d’autorisations temporaires provient de l’Irlande (228). Mais avec 170 demandes, la France se situe en deuxième position…
Plus d'articles du même thème
-
BlackRock supprime de nouveau des postes
Larry Fink a adopté un processus de rationalisation de l’emploi au sein de BlackRock plus discret et en continu, rapporte Bloomberg. Le plus grand gestionnaire d’actifs au monde entame en effet une nouvelle vague de suppressions de postes correspondant à -
La Fed de Kevin Warsh est déjà sous contrainte
Le FOMC des 16 et 17 juin, le premier de son nouveau président, ne modifiera pas les taux Fed Funds. Il pourrait abandonner le «biais accommodant» dans sa déclaration. Il sera intéressant de voir comment la communication de la banque centrale évoluera à moyen terme. -
La France domine toujours le classement des meilleurs masters en finance
L'Hexagone compte cinq masters dans le top 10 établi par le Financial Times. L'ESCP et Skema occupent les deux premières places du podium. Au global, les femmes représentent près de 40% des étudiants de ces formations en France.
ETF à la Une
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Belfius rachète Leocare et intéresserait le Crédit Agricole
- Les méga-IPO sont le dernier signe avant-coureur de bulle spéculative
- Garance s’ajoute à la liste des mutuelles dans la tourmente
- La France domine toujours le classement des meilleurs masters en finance
- Le pétrole plonge après l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran
Contenu de nos partenaires
-
Tribune librePrésidentielle 2027 : faut-il instaurer un spoils system à la française ?
A l’aube de 2027, il faudrait envisager un « spoils system » limité au « top 1 ou 2 % » des plus hauts serviteurs de l’Etat, tout en garantissant davantage de transparence dans les nominations à la tête des principales institutions -
Election de Makerfield : le travailliste Andy Burnham remporte son pari haut la main
Lors de l’élection partielle de jeudi, le maire de Manchester semble avoir été soutenu par une partie de l’électorat libéral-démocrate, vert, mais aussi conservateur. Son objectif est à présent de s’emparer de la direction du Labour -
Accord Iran-Etats-Unis : les négociations prévues pour vendredi en Suisse sont « reportées »
Dans la nuit, la Maison Blanche avait fait savoir que J. D. Vance, le vice-président américain, ne se rendrait pas en Suisse ce jour. En parallèle, malgré l’accord qui inclut un cessez-le-feu au Liban, Tsahal a mené des frappes au pays du cèdre dans la nuit, « après des violations répétées » du Hezbollah