Credit Suisse ne veut pas risquer l’erreur de casting
En nommant Axel Lehmann à la présidence en lieu et place d’António Horta-Osorio, très décrié en interne, la banque espère calmer le jeu.
Publié le
Franck Joselin
Credit Suisse
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Photo Credit Suisse.
A peine arrivé, déjà parti. Credit Suisse a annoncé lundi la démission António Horta-Osorio, à effet immédiat. Choisi à la fin de l’année 2020 et officiellement en poste depuis le mois d’avril dernier, António Horta-Osorio est sous le coup d’une enquête interne pour avoir enfreint, à plusieurs reprises, les règles de quarantaine liées au Covid. La conséquence de ces manquements peut paraître sévère, mais en nommant le suisse Axel Lehmann comme successeur, la banque joue la carte de la sécurité.
António Horta-Osorio avait été choisi pour remettre de l’ordre dans l’organisation interne de la banque après une période particulièrement difficile illustrée par une affaire rocambolesque de filature entre employés. Celle-ci avait coûté sa place au directeur général de l’époque, Tidjane Thiam. Mais entre le moment où le nom d’António Horta-Osorio a été retenu et celui où il a pris ses fonctions, les affaires Greensill et Archegos ont éclaté, toutes deux remettant en cause la manière dont la banque gérait ses risques. Or, c’est pour prendre la présidence du contrôle des risques qu’Axel Lehmann avait été embauché chez Credit Suisse l’automne dernier. Auparavant, il avait déjà occupé des fonctions de direction chez UBS, où il était aussi passé par le comité des risques.
Climat délétère
Axel Lehmann est présenté par la presse helvète comme étant de nature plus discrète qu’António Horta-Osorio et moins clivante en interne. Selon des sources citées par Reuters, ce dernier s'était mis à dos une partie des cadres dirigeants de Credit Suisse, qui n’appréciaient pas ses méthodes. Une source aurait même déclaré que le président était en «guerre» avec des membres clés du conseil d’administration.
La nomination d’Axel Lehmann ne remet pas en question la nouvelle stratégie de la banque consistant à se renforcer en gestion de fortune et à abandonner certaines de ses activités de banque de financement et d’investissement. Mais le départ mouvementé du président prouve que le climat délétère perdure au sein du groupe.
Les actionnaires de Credit Suisse n’ont pas apprécié la nouvelle. S’ils pouvaient s’attendre à un avertissement à l’encontre d’António Horta-Osorio, son brusque départ a tout de même surpris. Le cours de l’action a baissé de plus de 2% hier dans un marché en légère hausse. Depuis un an, il a cédé presque 25%, alors que les banques européennes ont progressé de plus de 40% dans leur ensemble.
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