Credit Suisse lève le voile sur son plan stratégique
Arrivé le 1er juillet, le nouveau directeur général a donné hier un aperçu de sa future feuille de route. «La nouvelle stratégie devrait permettre de parer à certaines pressions apparentes dans nos résultats du deuxième trimestre 2015», a déclaré Tidjane Thiam. La banque d’investissement est dans le viseur, alors que «nous allons mettre l’accent sur les activités de banque privée et de gestion de fortune car elles sont moins consommatrices de fonds propres et (offrent) de meilleurs rendements», a-t-il précisé.
Dans la gestion privée, où Credit Suisse occupe la quatrième place mondiale selon le cabinet Scorpio Partnership, le bénéfice avant impôt a crû de 13% sur un an, à un milliard de francs suisses (951 millions d’euros). Le groupe a ainsi surpris positivement les marchés avec un résultat net global de 1,1 milliard de francs au deuxième trimestre. Le cours de Credit Suisse a grimpé de 7% en séance pour atteindre son plus haut niveau en quinze mois.
Dans sa présentation d’hier, le groupe met aussi l’accent à plusieurs reprises sur l’Asie-Pacifique où ses profits ont doublé en un an, à 870 millions de francs. Terreau de nombreuses fortunes émergentes, la région fait l’objet depuis plusieurs années d’une concurrence acharnée entre grands gérants privés européens et américains.
Au-delà de leur potentiel, la rentabilité des métiers sera le maître-étalon du nouveau plan. «Choisir où nous investissons notre capital et où nous ne l’investissons pas sera une priorité pour moi dans les semaines et les mois qui viennent», indiquait Tidjane Thiam le jour de son arrivée. Dans sa lettre aux salariés du groupe, l’ancien patron de l’assureur britannique Prudential prévenait qu’il serait «impitoyablement sélectif».
En banque d’investissement, certains analystes souhaitent que Credit Suisse réduise la voilure dans les marchés actions. Le groupe souligne au contraire son dynamisme dans le trading et la vente de produits dérivés en Asie. Le fixed income (produits de taux et change) semble quant à lui clairement menacé, avec des revenus en baisse de 13% sur un an. La crise de la dette, les scandales sur les changes ou le Libor et les contraintes réglementaires pèsent lourdement sur cette industrie en attrition et consommatrice de fonds propres. Selon Reuters, les produits macro seraient sur la sellette, tout comme le prime brokerage (services aux hedge funds).
Au-delà des coupes claires, Tidjane Thiam n’a pas fermé la porte à une éventuelle augmentation de capital, mais «notre capacité à le faire dépendra directement de la qualité de notre stratégie». Envisageable dès l’automne d’après Reuters, une telle opération pourrait être calibrée à 5 milliards de francs au moins, selon certains analystes. Credit Suisse affiche un ratio de fonds propres durs de 10,3% à fin juin, inférieur à celui de son compatriote UBS.
Enfin, le groupe ne fait pas de commentaires sur son intérêt pour la croissance externe en gestion d’actifs, mis en avant par le Financial Times mercredi. Le patron de la zone Asie envisage toutefois une petite acquisition dans la banque privée, ou l’augmentation de ses effectifs, pour croître dans la région.
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