Crédit Agricole SA simplifie sa structure de capital
C’est un pas de plus dans la simplification financière de Crédit Agricole SA. A l’occasion de la publication de son projet de groupe 2022, la banque verte a officialisé jeudi le dénouement progressif du «Switch 2». Ce mécanisme financier, qui avait été mis en place au 1er janvier 2014 pour éviter que les participations de CASA dans ses filiales d’assurance Pacifica et Predica ne lui coûtent trop cher en fonds propres, consiste en une garantie apportée par les caisses régionales au véhicule coté, sous la forme d’un dépôt de 3 milliards d’euros. Elle permet à CASA d’économiser 34 milliards d’euros d’emplois pondérés, soit 120 points de base de ratio de fonds propres durs, mais lui coûte 191 millions de résultat net.
Ce Switch sera dénoué pour moitié d’ici 2022, ce qui aura un effet relutif de 2% sur le bénéfice par action, et amputera le ratio de fonds propres durs CET1 de 60 points de base. Philippe Brassac, le directeur général de Crédit Agricole SA, avait publiquement évoqué un éventuel abandon en présentant les résultats du troisième trimestre 2018, début novembre. La BCE, superviseur bancaire unique, n’était guère à l’aise avec ce dispositif.
Héritage des années de crise
Le débouclage de ce lien assez unique dans le paysage des banques cotées européennes est rendu possible par l’évolution de la solvabilité des différentes composantes du Crédit Agricole, qui permet d’optimiser le niveau de capital – et donc la rentabilité pour l’actionnaire – à l’échelon CASA. Le groupe, entité de référence pour la BCE, vise un ratio CET1 supérieur à 16% en 2022. Pour parvenir à cette «moyenne», le véhicule coté peut se contenter d’un ratio de 11% à cette date, contre 11,5% fin 2018, dans la mesure où les caisses régionales culminent à environ 20% de CET1.
Avec la fin programmée de ce second montage hérité des années de crise, Crédit Agricole SA gagnera encore plus en lisibilité. «Cela devrait aider le groupe à améliorer ses multiples de valorisation, car les investisseurs préfèrent une structure de capital simple», note Maxence Le Gouvello, analyste chez Jefferies.
Le premier Switch, datant de 2011, avait cessé en 2016 à l’occasion de l’opération Eureka, lancée par Philippe Brassac dès son arrivée aux commandes de CASA. La participation de l’organe central au capital des caisses régionales, garantie en retour par ces dernières, avait été dénouée, mettant fin à une complexe boucle d’autocontrôle qui pénalisait la compréhension de la banque cotée par les investisseurs.
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