Crédit Agricole SA diminue son financement à Emporiki
Crédit Agricole SA a dû être le premier surpris du communiqué de sa filiale Emporiki hier. La banque grecque a annoncé avoir reçu une injection de capital de 2 milliards d’euros de la part de sa maison mère, pour «renforcer sa position concurrentielle sur le marché domestique». En fait d’augmentation de capital, il s’agit de la conversion en actions des avances d’actionnaires et des concours à moyen long terme que la banque verte avait consentis depuis 2010 à sa filiale en difficulté.
Grâce à cette opération, Emporiki devrait être en mesure de respecter le ratio de solvabilité minimum de 8% fixé par les autorités grecques. A fin juin, son ratio n’atteignait que 5,9%. Entre ses pertes d’exploitation et la dépréciation d'écarts d’acquisition, Emporiki a déjà coûté à son actionnaire 1,4 milliard d’euros sur les neuf premiers mois de 2011. Un chiffre qui n’inclut qu’une partie de la décote sur les emprunts d’Etat grecs, dont l’essentiel est logé chez l’assureur Predica.
Côté Crédit Agricole SA, cette transaction n’a donc pas d’impact sur la solvabilité du groupe, et ne suppose pas de sortie de cash supplémentaire. Elle aboutira même à diminuer d’un milliard la part du financement intragroupe, indiquait-on hier au siège de la banque mutualiste. A fin septembre, CASA finançait Emporiki à hauteur de 7,8 milliards d’euros. L’opération annoncée hier se décompose en deux: la conversion d’un milliard d’euros d’avances, mais aussi la substitution par du capital d’un milliard d’euros de funding.
Au-delà des pertes qu’elles remontent, la question de la liquidité reste le sujet majeur des deux banques françaises implantées en Grèce. Emporiki s’est engagée à diminuer le montant des financements reçus de sa maison mère en actionnant deux leviers: l’accroissement du recours au guichet de la BCE, et une politique plus agressive en matière de collecte, alors qu’elle a longtemps refusé d’entrer dans la guerre des dépôts sur le marché domestique.
Les mêmes recettes sont aujourd’hui utilisées par Geniki, la filiale de la Société Générale. A fin septembre, l’écart entre les crédits et les dépôts de la banque grecque atteignait 1,2 milliard d’euros. Il serait aujourd’hui en passe d’être réduit de moitié. L’objectif est de faire tendre vers zéro le financement intragroupe courant 2012.
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