Covéa profite de ses paris sur les marchés actions
Alors qu’elle a officialisé sa réorganisation début juin, Covéa ne communique plus les comptes de ses enseignes – MMA, Maaf et GMF. La société de groupe d’assurance mutuelle affiche un bénéfice net de 628 millions d’euros en 2012, comme révélé mercredi par L’Agefi, en hausse de 24%.
MMA est néanmoins le maillon faible dans plusieurs domaines. C’est la seule entité à subir une décollecte nette en épargne (-200 millions). GMF Vie et Maaf Vie enregistrent une collecte nette respective de 239 et 109 millions. Le chiffre d’affaires vie de Covéa a d’ailleurs souffert (-3,6% à 4,35 milliards) alors qu’il progresse de 5,7% en non-vie à 10,3 milliards. Alors que le ratio combiné du groupe atteint 99%, celui de MMA reste supérieur à 100%. «Un rattrapage est nécessaire», admet Hervé Frapsauce, son DG délégué assurances.
Les comptes 2012 sont marqués par la performance des placements. Leur valeur nette comptable a progressé de 4,3% à 75,7 milliards et les plus-values latentes ont plus que doublé à 9,32 milliards. De cette somme, 5,7 milliards ont alimenté les fonds propres réglementaires de Covéa, dont le ratio de solvabilité est passé de 327% à 392%.
«Nous sommes revenus sur les actions dès 2009, ce qui nous a permis de profiter du rebond du marché», explique Sophie Beuvaden, DG déléguée aux finances de Covéa. La classe d’actifs représentait 15% des placements de l’assurance en 2012.
Les obligations se taillent la part du lion (77%), même si le groupe a cédé les quelques 300 millions d’euros qu’il possédait encore en emprunts d’Etat espagnol et a réduit son exposition à l’Irlande et au Portugal. En revanche, «Covéa s’est positionné sur l’Italie au regard de son amélioration macroéconomique, notamment par rapport à la France», poursuit la responsable.
Après réflexion, le groupe n’a pas suivi Axa ou CNP Assurances, qui s’intéressent aux prêts aux entreprises et aux infrastructures. «Nous avons toujours décidé de n’investir que dans des actifs que nous pouvons analyser nous-mêmes, ce qui n’est pas le cas avec ce type de portefeuilles», explique Sophie Beuvaden. La prudence prime aussi dans l’immobilier, qui représente 6% des actifs et que Covéa souhaiterait porter à 9 ou 10%: le marché est difficile. La Sgam a ainsi refusé l’offre d’une banque portant sur un portefeuille d’environ 200 millions. «Les banques hésitent à accompagner un financement immobilier au-delà de cinq ans», une maturité insuffisante pour un assureur.
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