Commerzbank fait miroiter un milliard d’euros de rachats d’actions supplémentaires
Commerzbank ne désarme pas et le recours aux rachats d’actions fait plus que jamais partie de sa panoplie pour déjouer les velléités de prédation d’Unicredit. La banque allemande qui a dévoilé mercredi des comptes meilleurs qu’attendu pour le deuxième trimestre 2025 a annoncé son intention de racheter pour un milliard d’euros.
La banque a dégagé un résultat net de 462 millions d’euros sur la période avril-juin. Ce bénéfice net a beau s’inscrire en repli de 14% par rapport au niveau de 538 millions d’euros de l’an dernier, il est supérieur aux attentes des analystes qui anticipaient 369 millions d’euros, selon le consensus fourni par la banque.
Le produit net bancaire total a bondi de 13% à 3,02 milliards d’euros, un peu meilleur que les anticipations du consensus à 2,98 milliards d’euros, alimenté par la bonne tenue des commissions à un milliards alors que les revenus nets d’intérêts s’érodent à 2,06 milliards d’euros.
Avec cette performance globale meilleure qu’escompté, Commerbank a rehausse ses perspectives pour l’ensemble de l’exercice. Elle table sur un résultat net de 2,5 milliards d’euros – contre 2,4 milliards d’euros escompté jusqu’ici – alimenté notamment par une meilleure trajectoire des revenus tirés de ses activités d’intermédiation. Son revenu net d’intérêts est désormais attendu à environ 8 milliards d’euros, contre 7,8 milliards d’euros auparavant.
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Mieux rémunérer les actionnaires
«Au premier semestre, nous avons réalisé le meilleur résultat d’exploitation de l’histoire de Commerzbank», a déclaré Bettina Orlopp dans le communiqué de résultats. «Nous avons déjà déposé une demande auprès de la Banque centrale européenne et de l’Agence financière allemande pour notre prochain rachat d’actions, d’un montant maximal d’un milliard d’euros.» Car pour la directrice générale, aux commandes depuis octobre dernier, il n’est pas question de dévier de sa feuille de route : mieux rémunérer les actionnaires et, en attirant davantage d’investisseurs, pour nourrir la hausse du cours, au-delà des niveaux de valorisation que serait prêt à accepter à payer Unicredit.
Cette dernière qui possède actuellement une participation de 29,3 % dans Commerzbank, dont près d’un tiers est détenu par le biais de produits dérivés, cherche à prendre le contrôle du groupe afin de le rapprocher de sa propre filiale HVB. Mais alors que l’Etat allemand fait figure de deuxième investisseur avec une participation de 12,1%, la banque italienne dirigée par Andrea Orcel s’est heurtée aux réticences allemandes et aux fruits de la stratégie de reprise en mains de la nouvelle direction de Commerzbank. Au point de devoir temporiser. L’action de la banque allemande a bondi de plus de 130% depuis l’offensive d’Unicredit en septembre 2024.
Cette stratégie, clairement assumée par Bettina Orlopp qui vise 15 % de retour sur les fonds propres tangibles d’ici à 2028, contre 9,2 % en 2024, n’est pas sans limite. L’accélération de la politique de retour aux actionnaires ne permet plus à son ratio de solvabilité CET1 de s’améliorer. En dépit de meilleures perspectives 2025, la cible de solvabilité des fonds propres durs n’a pas été modifiée. Peut-être un handicap futur alors que l’Allemagne aura besoin de banques très solvables pour accompagner le déploiement de son propre plan de relance massif.
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