CNP Assurances relance sa politique de croissance externe

Le groupe français a confirmé être en négociations avec Santander sur l’assurance-emprunteur. Le partenariat viserait sa filiale irlandaise
Antoine Landrot

Alors que se profile la fin de son partenariat de distribution avec BPCE dans l’assurance-vie, CNP Assurances part en quête de relais de croissance. Dans un communiqué de presse succinct, la société cotée a confirmé «être entrée en négociations avec Banco Santander en vue de la conclusion d’un éventuel partenariat dans le domaine de l’assurance des crédits à la consommation en Europe».

Selon Les Echos, qui avaient révélé l’information hier, ce partenariat prendrait la forme de l’acquisition de 51% de la filiale d’assurance-emprunteur dans le crédit à la consommation de la banque espagnole, pour 350 millions d’euros environ. Etablie en Irlande, elle couvre les marchés scandinaves, allemand, polonais, espagnol et portugais. CNP n’a pas souhaité commenter ces informations.

«Dépenser 350 millions d’euros ne serait pas complètement négligeable pour CNP. Mais les opérations réalisées depuis l’acquisition de 51% de Caixa Seguros au Brésil en 2000, qui sert de référence, n’ont pas été très réussies. A contrario, Santander, lui, a montré qu’il savait vendre au moment opportun», indique un analyste, à l’achat sur la valeur malgré tout. Les dépréciations de survaleurs passées ces dernières années en Italie ou à Chypre font craindre à ce professionnel un partenariat au prix fort – que la direction pourrait d’autant plus justifier que CNP envisagerait des développements à partir de cette plate-forme dans le crédit immobilier ou les produits de prévoyance. «Il n’y a pas lieu de s’effrayer de la perte du contrat avec BPCE, qui n’était pas très rentable pour CNP», poursuit l’analyste, qui appréhende une volonté de croissance trop ambitieuse de Frédéric Lavenir, le directeur général du groupe.

L’intérêt de l’opération pourrait aussi revêtir un aspect fiscal. L’impôt sur les sociétés, beaucoup plus faible en Irlande, est d’autant plus intéressant lorsque qu’il s’applique à l’assurance-emprunteur, une activité rentable. «Le Crédit Agricole a enclenché une démarche similaire en installant en Irlande sa plate-forme multipays de gestion des sinistres. Il y loge un milliard d’euros de primes d’assurance», indique Cyrille Chartier-Kastler, fondateur du cabinet Facts & Figures. De quoi donner une vision différente du projet de CNP, au-delà du potentiel de développement de l’activité de crédit à la consommation de Santander en Europe.

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