CNP Assurances et BPCE remettent à plat leurs liens
CNP Assurances et BPCE –qui publiaient leurs comptes semestriels hier– ont annoncé les principes de leur nouvel accord de distribution dans l’assurance. Le précédent, qui arrive à échéance le 31 décembre 2015, avait été dénoncé par le groupe bancaire en novembre, au grand dam de son partenaire. Chacun peut se targuer d’avoir obtenu, ou sauvé, l’essentiel: Natixis avance dans la constitution de sa plate-forme d’assurance, tandis que CNP poursuit son développement dans l’assurance emprunteur et la prévoyance, selon leurs ambitions respectives.
Respectant la motivation initiale de BPCE au moment de dénoncer l’accord de distribution, Natixis concevra et gérera l’ensemble des nouveaux contrats d’épargne et retraite (assurance-vie et capitalisation) distribués par les Caisses d’Epargne à compter du 1er janvier 2016. La CNP perd donc une source importante de revenus: l’Ecureuil représentait plus du tiers de son chiffre d’affaires.
En compensation, la CNP conserve la gestion des encours des contrats souscrits jusqu’à la fin de l’année prochaine. Représentant plus de 110 milliards d’euros en 2013, ils ont constitué un point important des négociations. Les modalités n’ont pas été modifiées; l’assureur continuera à percevoir les versements ultérieurs correspondants à ces contrats.
En revanche, un mécanisme d’alignement d’intérêts a été prévu, comprenant un accord de réassurance par Natixis Assurances portant sur 10% de ces encours –une manière de bénéficier de la propriété économique sur une partie du stock. «La méthode de calcul de la valeur future des contrats sera précisée dans les discussions ultérieures, de façon à ce que le rendement moyen attendu des fonds propres mobilisés soit de 9 points supérieurs au coût du capital», indique François Pérol, président du directoire de BPCE.
Par ailleurs, la CNP renforcera ses relations avec son partenaire dans le domaine de la prévoyance-protection.
Ainsi, en assurance emprunteur collective, le nouvel accord de coassurance prévoit que les flux de primes et des capitaux couverts seront répartis à 66% pour la CNP et à 34% pour Natixis Assurances. Point fondamental, il couvrira l’intégralité du groupe BPCE, Crédit Foncier compris. Auparavant, la CNP n’était coassureur que des Caisses d’Epargne, à hauteur de 72%. Elle n’avait plus de relation avec les Banques Populaires depuis 2013 (alors qu’elle coassurait la moitié des contrats d’assurance emprunteurs collective jusqu’à fin 2012) et n’avait aucune relation avec le Crédit Foncier.
La future relation entre les deux protagonistes sera également élargie à de nouveaux champs de la prévoyance. Un nouveau partenariat couvrira ainsi la prévoyance collective pour les salariés des clientèles professionnelles et entreprises de BPCE. En prévoyance individuelle, un autre accord, plus ciblé, couvrira la dépendance et la garantie du locataire, Natixis assurant les autres segments de ce marché.
Le nouveau corpus de partenariats aura une durée initiale de 7 ans et sera reconductible par période de trois ans. A partir d’aujourd’hui, BPCE et la CNP travailleront à décliner ces principes pour déboucher sur un protocole d’accord, qui devra être approuvé par les conseils respectifs des deux groupes, après consultation des partenaires sociaux.
La CNP n’en aura toutefois pas terminé avec ses relations commerciales. Dans son communiqué, elle précise qu’elle veut «engager rapidement des discussions avec La Banque Postale», son autre grand partenaire et actionnaire.
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