Citigroup se trouve entravé dans sa banque privée
Un concours de circonstances qui pourrait coûter cher à Citigroup. Suite à un accord signé le 5 août dernier avec la Securities and Exchange Commission (SEC), consécutif à des poursuites liées à la vente de titres de dette, la banque américaine risque de se voir interdire de commercialiser auprès de ses clients fortunés des parts de hedge funds et de fonds de private equity.
Le Wall Street Journal a eu accès à des courriers que Citigroup a adressé à plusieurs hedge funds pour les en avertir. L’établissement explique notamment qu’il tente de négocier une exemption (waiver) auprès de la Sec.
D’autres banques ont passé des arrangements similaires avec le gendarme de la Bourse américain, mais elles échappent à cette restriction pour avoir signé leur accord avant une modification législative intervenue l’année dernière. En 2011, Citigroup a accepté de payer 285 millions de dollars pour avoir commercialisé des CDO (collateralised debt obligations) en 2006 et 2007. Mais un juge de Manhattan a rejeté l’accord en invoquant la faiblesse de la somme, pour l’accepter finalement en août dernier suite à une décision en appel.
Mais entre temps, la règle du «bad actor» a été adoptée en 2013 dans le cadre de la révision de la loi Dodd-Frank. Cette règle exclut un acteur sous le coup d’une sanction (pénale ou non) d’appels d’offres. Les institutions qui réclament une exemption expliquent en général que les activités concernées ne sont pas directement liées à l’acte sanctionné. Il existe un débat au sein de la SEC sur la pertinence à délivrer de trop nombreux waivers, qui risquent de vider la règle de sa substance.
L’interdiction infligée à Citigroup est particulièrement malvenue dans la mesure où l’environnement de taux faibles encourage la clientèle fortunée à rechercher du rendement dans les placements alternatifs (fonds d’arbitrage, non coté, immobilier, etc.). En outre, considérés comme moins cycliques, ces derniers sont vus comme une protection en cas de chute du marché actions, qui s’est considérablement apprécié depuis deux ans. Pour les banques privées, ce sont des produits mieux margés et constituent des relais de croissance.
Citigroup propose aux clients de sa banque privée (qui doivent détenir un patrimoine disponible minimum de 25 millions de dollars) une quarantaine de hedge funds dans lesquels investir. L’interdiction de commercialisation ne concerne en revanche pas les investisseurs institutionnels.
Plus d'articles du même thème
-
La victoire de Lula fait vaciller les marchés brésiliens
Le président brésilien sortant a battu Flavio Bolsonaro à la surprise générale avec 51,8% des suffrages. Les investisseurs avaient parié sur la victoire du fils de l’ancien président, plus pro-marché. Le real chute de 9% face au dollar et la Bourse de 14%. -
Les entreprises payent plus cher leurs émissions obligataires
Les transactions ont repris la semaine passée sur le marché primaire euro. La demande est là mais exige d'être rémunérée pour un niveau de risque jugé plus élevé. -
Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Le géant américain de la technologie veut continuer à réduire ses effectifs. Il propose un plan de départ volontaire à plus d'un quart de ses salariés. Seuls les Etats-Unis, le Canada, l'Inde et le Royaume-Uni sont concernés.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
- Le taux souverain français dépasse 5%
Contenu de nos partenaires
-
IdiocratieParcoursup ou le tabou français de la sélection
Le gouvernement promet de réformer Parcoursup en 2027 avant de remplacer la plateforme en 2028. Derrière la mobilisation lycéenne, une bataille plus profonde se joue : celle de la sélection et de la valeur des diplômes -
Victoire à la PyrrhusBrésil : pourquoi le nouveau mandat de Lula s'annonce difficile
Le président brésilien de gauche peut se réjouir de sa spectaculaire remontada mais la forte progression du nombre de parlementaires bolsonaristes devrait compliquer son mandat -
EditorialVive la sélection à l’université !
Dans une société qui postule la singularité de chaque individu, la sélection ne peut pas ne pas exister. Et ce n’est pas une mauvaise chose