Citigroup privilégie à son tour Francfort à Paris
Francfort creuse l’écart dans la course aux relocalisations bancaires motivées par le Brexit. Alors qu’elle avait indiqué en janvier hésiter entre plusieurs localisations dont la France, Citigroup a finalement dévoilé jeudi qu’elle optera pour Francfort, qui abritera le siège européen de ses activités de courtage (broker-dealer). La banque américaine renforcera aussi sa présence à Amsterdam, Dublin, Luxembourg, Madrid et Paris pour étoffer d’autres expertises (private equity, BFI…), avec à la clé environ 150 nouveaux postes créés dans l’Union européenne (UE).
«Notre broker-dealer dédié à l’UE est actuellement Citigroup Global Markets (CGM) et est localisé au Royaume-Uni», écrit dans un document interne Jim Cowles, patron de la région Europe/Moyen-Orient/Afrique (EMEA). En supposant une perte du passeport européen après le Brexit, nous continuerons à servir le marché britannique avec CGM mais nous avons besoin d’une solution pour l’UE. Nous prévoyons de convertir une filiale allemande existante en firme d’investissement.»
Si Jim Cowles ne donne pas le détail du nombre de traders et de banquiers qui vont être transférés de Londres vers Francfort, qui accueille pour l’heure 350 employés, il rappelle en revanche que Londres restera le siège de l’activité EMEA du groupe. Citigroup s’appuiera aussi sur sa banque établie à Dublin, Citibank Europe. Renforcé dès janvier 2016, le site concentre 46% des effectifs européens de la banque et il demeurera le cœur de ses activités bancaires continentales.
Cette annonce intervient alors que plusieurs banques ont déjà manifesté leur intérêt pour la place financière allemande, en concurrence directe avec Paris pour accueillir les contingents de banquiers rapatriés du fait du Brexit. Mercredi, Bloomberg a rapporté que Morgan Stanley a choisi de localiser ses activités de courtage à Francfort, tandis que Dublin accueillerait sa gestion d’actifs. Standard Chartered, Nomura, Sumitomo Mitsui feront également de Francfort leur hub continental.
La semaine dernière, le directeur général d’UBS a quant à lui indiqué que la banque suisse songeait à transférer vers Francfort, Madrid ou Amsterdam une partie de ses 5.000 employés en poste à Londres. Le patron de JPMorgan a pour sa part indiqué préférer Francfort pour y implanter le siège social continental de ses activités, même si les équipes pourraient être réparties dans plusieurs pays. La Société Générale envisage en revanche de concentrer ses relocalisations sur Paris.
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