Citigroup jette l'éponge au Japon dans la banque de détail

Il était régulièrement dans l'œil du régulateur. Sa volonté de départ illustre les difficultés du marché local pour les réseaux étrangers
Antoine Landrot
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La nouvelle n’est pas officielle. Mais le Wall Street Journal, Bloomberg et Reuters affirmaient hier d’une même voix que Citigroup souhaitait céder sa banque de détail au Japon, citant des sources «en lien direct avec le sujet». En revanche, il entend conserver ses activités de trading, de banque d’entreprises et de banque d’investissement.

L’américain a contacté les trois premiers établissements de crédit du pays: Mitsubishi UFJ, Mizuho et Sumimoto Mitsui. Ceux-ci n’ont fait aucun commentaire.

Citigroup est la banque étrangère qui a déployé la stratégie la plus ambitieuse dans l’archipel, en ouvrant 33 agences. Citibank Japan, sa filiale de banque de détail, affichait 3.900 milliards de yens de dépôts (28,4 milliards d’euros), figurant au trentième rang des 64 premières banques locales au Japon. Mais le réseau n’a jamais réussi à atteindre une taille suffisante justifiant ses investissements. Ses encours de crédit, par exemple, demeurent extrêmement faibles (356 milliards de yen). Dans un environnement de croissance nulle et de taux faibles durables, il est difficile de dégager des marges d’intérêt dans les prêts. Citibank Japan affichait pour son exercice 2013-2014 (clos fin mars) 1,3 milliard de yens de résultat net, pour un revenu de 68,3 milliards.

En outre, l’établissement américain est régulièrement la cible du régulateur japonais, la Financial Services Agency (FSA). Il a été condamné à quatre reprises ces dix dernières années. En 2004, le gendarme financier nippon a fermé sa banque privée en raison de pratiques de trading inadéquates et de procédures antiblanchiment laxistes. Cinq ans plus tard, Citibank Japan a dû suspendre ses activités de vente pendant un mois, là encore pour des motifs antiblanchiment. En 2011, la FSA condamnait Citigroup à améliorer ses pratiques commerciales (des conseillers auraient vendu des produits financiers inadéquats à certains clients) et suspendait ses activités de trading sur certains dérivés pendant deux semaines, l’accusant d’avoir tenté de manipuler le taux de référence japonais.

Citigroup n’a pas fait mystère de sa volonté de concentrer sa stratégie internationale en banque de détail sur les pays à forte croissance au détriment des marchés mûrs, à une période où il est en prise avec les autorités de nombreux pays, dont la justice américaine. En Asie, Citigroup disposait de 471 agences bancaires au 30 juin, contre 570 un an plus tôt.

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