Citigroup est décrédibilisé par la Fed dans son discours aux actionnaires
L’année 2012 «sera celle où nous allons commencer à rendre du capital», avait indiqué Vikram Pandit, directeur général de Citigroup, en marge des résultats annuels mi-janvier. La Réserve fédérale (Fed) en a décidé autrement, la banque américaine ayant échoué aux tests de résistance.
Citigroup «a très mal analysé la situation», estime un analyste. JPMorgan a dégradé sa recommandation de surpondérer à neutre sur le titre, estimant que la décision de la Fed érode un peu plus la crédibilité du management. Citigroup, dont le titre a crû de 39% depuis le début de l’année, chutait hier de 3,8% à 35 dollars à la mi-séance.
Afin de renforcer ses réserves, la banque, dont le ratio tier one stressé tomberait à 4,9% (inférieur au seuil requis de 5%), ne peut relever son dividende. Les analystes prévoyaient un accroissement du dividende de 3 à 28 cents cette année et des rachats d’actions, inexistants en 2011, de 2,2 milliards de dollars, selon un sondage Bloomberg. Alors que son ratio tier one sous contrainte s’élèverait à 5,9% en excluant les mesures prévues pour récompenser ses actionnaires, la banque américaine a indiqué mardi qu’elle remettrait «un plan capitalistique révisé à la Fed au cours de cette année».
Selon les résultats des tests, impliquant des conditions extrêmes à fin 2013 (chute de 21% des prix de l’immobilier, repli de 50% des marchés boursiers…), la Fed a estimé que Citigroup pourrait faire face à quelque 67 milliards de dollars de pertes de crédit (dont 27 milliards dans ses activités de cartes de crédit et 11,8 milliards dans ses activités de prêts commerciaux et industriels). Citigroup accuserait par ailleurs des pertes de trading et de contrepartie de 20,9 milliards de dollars. «Le scénario du stress test engendre un résultat avant impôt déficitaire de 50,3 milliards de dollars pour Citigroup sur la période allant du quatrième trimestre 2011 au dernier trimestre 2013», relève CreditSights.
«Je ne pense pas que le sujet des stress tests des banques américaines soit de savoir qui a besoin de capital, mais clairement qui peut en rendre», temporise un analyste. Par ailleurs, alors que Morgan Stanley a réussi les tests et reçu l’aval de la Fed sur son plan d’investissement incluant l’exercice d’une option d’achat de 14% de Morgan Stanley Smith Barney en 2012, Citigroup pourrait voir sa part (49%) dans le courtier diminuer.
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