Citigroup en quête de capitaux accentue sa cure d’austérité internationale
Un retour sur investissement plus aléatoire et des réglementations bancaires internationales toujours plus draconiennes, particulièrement en termes de fonds propres, a pour résultat de renforcer la frilosité de nombre d’établissements financiers dans leur stratégie de conquête mondiale. Comme un symbole, Citigroup a fait part vendredi d’une nouvelle réduction de voilure, remarquable à double titre puisqu’elle s’inscrit dans le domaine du prêt hypothécaire et dans un grand émergent, l’Inde. Un pays où les acteurs étrangers subissent un encadrement strict et parfois imprévisible de leur activité.
La banque américaine, tirant également parti d’une récente bonne tenue du marché local, a annoncé avoir vendu la nuit précédente sur le marché à des investisseurs institutionnels sa participation de 9,9% au capital du principal prêteur local, HDFC (Housing Development Finance Corp). A raison de 630 à 703,55 roupies pour chacun des 145,3 millions de titres, l’opération, dont Citigroup a été l’unique teneur de comptes, a représenté un montant total de 95,54 milliards de roupies, l’équivalent de 1,46 milliard d’euros. La banque a annoncé une plus-value nette de 722 millions de dollars. Reuters croit savoir de sources proches de la transaction que les titres ont été acquis par un grand nombre de fonds internationaux et quelques institutions financières locales.
Citigroup était entré au capital en deux étapes, en 2005 et 2006, et avait cédé 1,5% du capital en juin dernier en expliquant devoir se préparer aux exigences de Bâle 3. L’opération nouée vendredi fait partie, selon la banque, des «efforts courants concernant le capital». Pas de doute aux yeux d’un gérant asiatique cité par Bloomberg, «les banques dans le monde sont actuellement sous pression pour renforcer leur capital, et les cessions d’actifs ont un sens, étant donné l’environnement actuel qui rend délicates les levées de capitaux auprès des marchés».
Dès lors, la sortie du capital de HDFC «soulève des questions», selon le Financial Times quant au devenir d’autres engagements de Citigroup, par exemple en Chine auprès de Guangdong Development Bank. Une participation de 20% acquise au même moment que celle dans HDFC, et tout autant qualifiée alors de «stratégique»... En novembre déjà, Bank of America avait réduit sa part au capital de China Construction Bank et Goldman Sachs à celui d’Industrial & Commercial Bank of China.
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