Citigroup contraint aux coupes claires dans un environnement « extrêmement délicat »

Vikram Pandit a annoncé la suppression prochaine de 4.500 postes, correspondant à une charge de 400 millions sur le trimestre
Benoît Menou

La cure d’amincissement se poursuit inexorablement pour les banques à travers le monde, dans un environnement opérationnel et réglementaire fort chahuté. Bloomberg relève d’ailleurs dans ce contexte que les groupes financiers ont réduit leurs effectifs de quelque 200.000 postes cette année, bien davantage que les 58.000 suppressions concédées en 2010 et déjà plus que les coupes de 174.000 postes opérées en 2009.

Hier, c’est Vikram Pandit qui a créé l’événement. Le directeur général de Citigroup a annoncé, à l’occasion d’une conférence sur le secteur des services financiers organisée à New York par Goldman Sachs, la suppression «au cours des tous prochains trimestres» de quelque 4.500 postes. La banque américaine enregistrera une charge de 400 millions de dollars au titre du trimestre en cours pour ces suppressions de postes. Le patron de Bank of America, Brian Moynihan, a récemment fait part d’un projet de suppression de 30.000 postes au cours des prochaines années.

Vikram Pandit a assuré que ce programme de réduction des effectifs concernera un grand nombre d’activités de Citigroup, dans le monde entier, dont naturellement le négoce pour compte propre. Le chiffre dévoilé par le patron de Citigroup correspond à environ 2% des effectifs totaux de 267.000 personnes à fin septembre. De quoi intensifier les efforts d’abaissement des coûts. Le dirigeant a également annoncé que dans ce cadre les dépenses d’exploitation avaient d’ores et déjà été réduites sur les trois premiers trimestres de l’exercice de 1,4 milliard de dollars, soit de près de 4% tout de même. En septembre dernier déjà, Citigroup avait prévenu que les recrutements seraient limités aux postes «essentiels».

Las, l’annonce faite hier soir ne signe sans doute pas l’issue des efforts déployés. L’analyste de SNL Financial Nancy Bush craint qu’il s’agisse «de la partie émergée de l’iceberg». Les banques sont appelées à évoluer à vue. Vikram Pandit l’a reconnu hier soir, le «paysage concurrentiel sera bouleversé au cours des prochaines années» du fait d’un «environnement opérationnel extrêmement délicat marqué par une combinaison inédite d’incertitude sur les marchés, de faiblesse économique durable au sein des économies développées et des évolutions réglementaires les plus profondes jamais engagées de notre vivant ».

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