Bruxelles veut préserver les éléments positifs du «shadow banking»
Le système bancaire parallèle (shadow banking) a finalement fait son apparition sur l’agenda européen. Près de cinq mois après la publication du premier rapport du Conseil de stabilité financière (FSB) sur le sujet, la Commission s’attaque à son tour à un phénomène protéiforme mais crucial pour la stabilité financière, en reprenant les choses à la base. Son livre vert présenté lundi est proche de la toute première note publiée en avril 2011 par le FSB et n’intègre pas encore les recommandations du rapport d’octobre 2011.
«Je ne vais pas conclure la consultation avant de l’avoir ouverte», a déclaré le commissaire en charge des services financiers Michel Barnier, pour expliquer le caractère très général du papier soumis à commentaires d’ici le 1er juin 2012. «Je ne fais pas de procès d’intention», car le système bancaire parallèle «peut permettre une diversification utile des sources de financement... Nous ouvrons une discussion mais il n’y aura pas de complaisance», a-t-il ajouté.
La Commission propose une double approche pour mieux cerner le phénomène : par entités (véhicules spéciaux, fonds monétaires, ETF, institutions de crédit non bancaires, sociétés d’assurance ayant une activité de crédit) et par activités (prêts de titres, titrisation, repo). D’après le FSB, le shadow banking représentait 46.000 milliards d’euros d’actifs en 2010 (contre 21.000 milliards en 2002), soit 25 à 30% du système financier. Il a tendance à progresser en Europe, alors que sa part recule aux Etats-Unis. «Une des caractéristiques du shadow banking c’est sa nature mouvante. Il est donc important que notre approche soit générale, flexible et inclusive», explique un responsable de la Commission européenne.
Dans son rapport d’octobre 2011, le FSB recommandait de forcer la consolidation des entités hors bilan des banques, de limiter l’exposition des banques notamment aux hedge funds, d’accélérer la réforme des fonds monétaires ou encore d’encadrer les prêts de titres et les accords de repo. Les éventuelles propositions législatives de Bruxelles sont attendues «fin 2012, début 2013».
A l’automne 2011, Jean-Claude Trichet, alors qu’il présidait le Comité européen du risque systémique, avait aussi annoncé publiquement à plusieurs reprises la publication imminente d’un rapport sur le «shadow banking». Il n’a pas été publié à ce jour.
Plus d'articles du même thème
-
Galilee AM se dote d'un directeur général délégué
Le directeur général et fondateur Edmond Michaly prend du recul. -
L'ancien directeur général de Neuflize OBC prend la présidence du fonds de dotation de RockFi
Laurent Garret rejoint la fintech en tant qu'investisseur et senior advisor. -
Les successions font flamber les rémunérations aux Etats-Unis
Les dirigeants du CAC 40, du Dax et du FTSE 100 bénéficient de la même rémunération, entre 6,8 et 7,1 millions d’euros. La part de long terme reste inférieure à 50% en Allemagne.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
Contenu de nos partenaires
-
L'air du largeAider l’Ukraine ou éviter l'escalade : le dilemme qui fracture l'Europe
Pour notre chroniqueur Frédéric Charillon, deux grands camps s’affrontent : ceux qui veulent éviter à tout prix une victoire russe et ceux qui veulent éviter à tout prix une confrontation avec la Russie. -
Idée reçueNon, les fonctionnaires n'ont pas perdu de pouvoir d'achat entre 2012 et 2024
Un rapport de la Cour des comptes rappelle que la rémunération des fonctionnaires ne dépend pas uniquement de l'évolution du point d'indice. Et estime qu'une maîtrise de la masse salariale sera nécessaire pour redresser les finances publiques dans les années à venir -
La Fabrique de l'OpinionStéphane Boujnah, patron d'Euronext : « La France est touchée par les sept fléaux de l'apocalypse »
Patron d'Euronext, Stéphane Boujnah dresse un diagnostic sans concession de la dette française. Celle-ci a encore progressé au deuxième trimestre, atteignant 3 595,5 milliards d'euros, soit 119% du PIB. Mais le redressement est possible, estime l'ex-conseiller de Bercy sous Dominique Strauss-Kahn, à condition de le choisir plutôt que de le subir, et de se rassembler.