BPCE simplifie sa structure
Dans la galaxie BPCE, les sociétaires renforcent leur pouvoir. Ils détiendront la totalité du capital des Banques populaires et des Caisses d’épargne à l’issue du rachat puis de l’annulation par les réseaux des 20% détenus par Natixis sous la forme de certificats coopératifs d’investissement (CCI). Des titres propres au monde mutualiste (mais sans droit de vote) d’une valeur faciale de 12,1 milliards d’euros. Trois objectifs sont avancés : simplification de la structure, meilleure lisibilité de la performance de Natixis et optimisation de l’allocation de fonds propres.
Une manœuvre qui devrait au passage amener un autre acteur phare du secteur bancaire à se positionner. Lors de son entrée en Bourse en 2001, c’est le Crédit Agricole qui a mis sur pied ce montage afin de conserver son caractère coopératif. Pour Natixis, l’opération doit constituer une nouvelle étape dans la transformation du modèle économique.
Désormais recentré sur ses trois métiers principaux (banque de grande clientèle, services financiers spécialisés, épargne), «le profil de risque de Natixis ne rendait plus nécessaire ce qui avait été conçu au départ comme des stabilisateurs», a déclaré dimanche lors d’une conférence téléphonique François Pérol, le président du directoire de BPCE. Pour maintenir toutefois ce lien historique, Laurent Mignon, directeur général de Natixis, va entrer au directoire de BPCE.
La transaction vise en outre à s’affranchir d’un traitement prudentiel des CCI rendu plus complexe par la mise en place de Bâle 3. La mise en place du mécanisme de garantie P3CI en 2011, via une émission de 6,9 milliards d’euros d’obligations, avait participé de cette complexité. 83% des fonds propres seront désormais alloués aux trois métiers coeurs.
La suppression de ce montage sera bénéfique pour les actionnaires puisqu’elle va s’accompagner du versement d’un dividende exceptionnel de 2 milliards d’euros (0,65 euro par action) auquel s’ajoutera un dividende ordinaire de 0,10 euro par action au titre de 2012. Cela préfigure, selon Laurent Mignon, d’une politique active de distribution avec un taux projeté de 50% à partir de 2013. L’action Natixis a clôturé vendredi à 2,84 euros à la Bourse de Paris.
Le rachat des CCI devrait se traduire par une baisse des encours pondérés de Natixis de 16 milliards d’euros. En termes de solvabilité, le ratio core tier one Bâle 3 ressortira à 9,2% après réalisation de l’opération. Au niveau de BPCE, l’impact devrait être négatif à hauteur de 15 points de base sur le ratio CET1.
Natixis et BPCE ont par ailleurs avancé la publication de leurs résultats, prévue initialement le 21 février. BPCE a fait état d’un résultat net en repli de 18,3% sur 2012, à 2,75 milliards d’euros pour des revenus en baisse de 1,2% à 22,5 milliards. Pour Natixis, le résultat net sous-jacent a reculé de 15% l’an dernier à 1,14 milliard d’euros. Compte tenu d’éléments exceptionnels, qui comprennent notamment une charge de 352 millions liée à la réévaluation de la dette, le bénéfice ressort en diminution de 42% à 901 millions.
«Nos résultats de l’année passée, le nouveau renforcement en 2012 de notre structure financière, le lancement du rachat des CCI, nous permettent d’envisager sereinement l’élaboration de notre nouveau plan stratégique qui couvrira la période 2014-2017», a souligné François Pérol. La finalisation de l’opération annoncée hier est attendue au troisième trimestre.
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