BPCE prédit de nouvelles années difficiles pour la banque de détail
Le groupe mutualiste prévoit pour 2018 une baisse de revenus de 2 à 3% pour les Banques Populaires et Caisses d’Epargne, et des effets toujours visibles en 2019.
Publié le
Amélie Laurin
BPCE a octroyé en 2017 un niveau record de nouveaux crédits, à 125 milliards d’euros.
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RK
L’érosion des marges d’intérêt va continuer de peser sur l’activité des Caisses d’Epargne et Banques Populaires. «Nous prévoyons une baisse de -2 à -3% des revenus de la banque de proximité en 2018», a annoncé hier soir François Pérol, le président du directoire de BPCE, lors de la présentation de ses résultats 2017. De son côté, BNP Paribas table sur une évolution de 0% à -0,8% des revenus de sa banque de détail en France en 2018, tandis que la Société Générale mise pour cette année sur une stabilisation du produit net bancaire (PNB).
François Pérol balaie toute comparaison. «Nous avons une ‘guidance’ prudente, pointe le dirigeant. On avait dit -2% en 2017 et nous avons fait -1,2%.» Au dernier trimestre, la baisse de ce pôle a toutefois été plus importante, à -2,5%. Le périmètre pris en compte inclut non seulement la banque de détail (hors variation de la provision épargne logement), mais aussi l’assurance, les services financiers spécialisés ou encore le Crédit Foncier. Dans les deux grands réseaux, le PNB a reculé de seulement 0,5%, avec un repli marqué aux Caisses d’Epargne (-1,4%, à 7,1 milliards d’euros) et une bonne résistance des Banques Populaires (+0,4%, à 6,3 milliards).
Comme dans les autres enseignes, la baisse des revenus d’intérêt (-4% dans les Caisses d’Epargne) a été en partie compensée par la hausse des commissions sur les produits d’épargne et de celles liées aux remboursements anticipés de crédit. Ces dernières ont bondi de 25,8% dans les Banques Populaires, deux fois plus que dans les Caisses d’Epargne, tandis que la vague de rachats de crédits immobiliers a ralenti au second semestre.
L’an dernier, BPCE a octroyé un niveau record de 125 milliards d’euros de nouveaux crédits, contre 101 milliards en 2016, ce qui «a permis de limiter l’impact défavorable des taux bas sur nos revenus», indique François Pérol. Mais cette politique de volumes à bas prix pèse sur l’avenir. «Les effets de stocks vont continuer de peser tout au long de 2019», concède le dirigeant. En attendant, «la traduction de la hausse des taux en termes de revenus sera lente».
La dynamique commerciale de BPCE lui a néanmoins permis de gagner l’an dernier 244.000 nouveaux «clients principaux bancarisés» dans les Banques Populaires et les Caisses d’Epargne. Avec 750.000 clients particuliers de plus depuis 2014, la banque reste loin de l’objectif d’un million fixé dans son plan 2014-2017 et elle en vise 630.000 de plus d’ici à 2020.
Le groupe a en revanche atteint 93% de son objectif de synergies de revenus entre ses deux grands réseaux et son usine de produits Natixis. Soit 810 millions d’euros en cumulé sur quatre ans, avec une contribution plus importante que prévu de l’assurance (61% du total) au détriment du crédit à la consommation, «en deçà de l’objectif en raison du niveau des taux». A l’échelle du groupe, les synergies de coûts ont en revanche dépassé l’objectif de 900 millions, à 965 millions d’euros au 31 décembre. BPCE poursuit ses efforts dans son plan 2018-2020 axé sur la transformation digitale. Sur le milliard d’euros de nouvelles économies attendues, «47% de la cible ont été atteints à fin 2017», assure François Pérol.
Malgré le nouveau recul de sa banque de détail l’an dernier, BPCE a publié hier un résultat net annuel stable à 3,4 milliards d’euros, une fois retraité d’éléments non récurrents tels que la plus-value de près de 800 millions sur des titres Visa en 2016. La moitié des bénéfices du groupe provient de la filiale cotée Natixis, qui a dégagé un résultat net de 1,67 milliard d’euros (+21%), pour un PNB de 9,47 milliards (+9%).
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