BPCE atteint par la morosité ambiante
La contribution des Caisses d’Epargne et des Banques Populaires a longtemps été un gage de stabilité pour Natixis, filiale marquée par la volatilité de ses activités de banque de financement et d’investissement. Mais, à l’instar de l’ensemble du secteur, les résultats des deux réseaux en 2012 ont subi la pression de la conjoncture économique et de la remise en question du modèle traditionnel de banque de détail.
Les Banques Populaires subissent une baisse notable du produit net bancaire (PNB) en 2012 (-3,6% à 6,05 milliards d’euros). La stagnation du PNB des Caisses (+0,2% à 6,8 milliards) n’a pu la compenser. Le PNB du groupe recule de 1,8% à 14,8 milliards. Comme leurs rivales, les deux enseignes invoquent la baisse des taux et les réglementations rognant les commissions, sur l’interchange notamment.
La dégradation de la conjoncture a fait grimper les provisions pour coût du risque de 13,3%, à 1,4 milliard. Les Banques Populaires ont souffert de leur exposition aux professionnels et aux TPE. En proportion des encours pondérés, le coût du risque du réseau est passé de 27 points de base (pb) au quatrième trimestre 2011 à 44 pb un an plus tard. Celui de l’Ecureuil a reculé de 2 pb à 23 pb. La contribution des Caisses d’Epargne au résultat net avant impôt du groupe –lequel recule de 18% à 3,47 milliards d’euros– est nettement supérieure à celle des Banques Populaires (52% contre 32%).
En prévision des exigences de liquidité de Bâle 3, les réseaux ont renforcé leur épargne de bilan au dernier trimestre: +6% pour les Banques Populaires et +8,1% pour les Caisses d’Epargne, alors que l'épargne financière baisse de 5% et 0,4%. Là encore, l’Ecureuil s’en tire mieux.
La gestion d’actifs affiche un bilan mitigé. Natixis Global Asset Management (GAM) n’a que partiellement compensé la situation difficile que traverse le secteur en Europe par sa forte présence aux Etats-Unis, renforcée par l’acquisition de McDonnell. La décollecte a été très violente en Europe en 2012 (-20 milliards d’euros), alors que Natixis GAM a collecté 4,5 milliards outre-Atlantique. Mais au cours du dernier trimestre, le gérant a profité de l’embellie des marchés (+13,6 milliards d’euros) et d’un effet périmètre de 15,5 milliards lié à McDonnell, effaçant la décollecte (-2,2 milliards) et un effet de change négatif de 6 milliards. Au 31 décembre, Natixis GAM gérait 591 milliards d’euros d’actifs, contre 570 milliards au 30 septembre.
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