BNP Paribas s’industrialise et accélère le pas en Asie
Deux milliards d’économies annuelles à partir de 2015 au prix d’1,5 milliard d’investissements sur trois ans. BNP Paribas a levé le voile sur son plan d’efficacité opérationnelle simple & efficient hier, à l’occasion de ses résultats 2012. L’essentiel des efforts seront réalisés en 2014. En début d’année prochaine, BNP Paribas fera aussi «une présentation d’ensemble» de son «plan de développement 2014-2016», une fois Bâle 3 calé et transposé par les régulateurs locaux.
Pour alléger les échelons hiérarchiques ou encore digitaliser les modes de travail, la banque a lancé non «pas un ou deux grands projets mais un ensemble de projets, un peu comparable à ce que nous faisons lorsque nous lançons un grand chantier d’intégration, a déclaré hier Jean-Laurent Bonnafé. Le directeur général de BNP Paribas veut s’inspirer des chantiers qu’il a menés chez BNL en Italie et Fortis. Selon une source proche, les managers de terrain doivent faire remonter leurs 1.000 initiatives d’ici au 22 mars, pour approbation. Elles doivent permettre de réduire les charges récurrentes de 2 milliards (-9,2% par rapport à la base de coûts de 2012). La banque de détail, où les revenus s’érodent, concentrera environ 50 % des économies, contre un tiers en BFI et un sixième en investment solutions (gestion d’actifs, banque privée, assurance et conservation de titres). Le tout «sans fermetures d’activités», promet le groupe.
Pour sa croissance, organique car les grandes acquisitions sont exclues, BNP Paribas a aussi levé le voile sur ses objectifs en Asie-Pacifique où «le scénario économique d’ensemble est plus lisible que dans le reste du monde», selon Jean-Laurent Bonnafé. Plus à l’abri de la récession et des contraintes réglementaires, la région devra drainer plus 3 milliards de revenus en 2016 dans la BFI et investment solutions, contre 2 milliards en 2012 (soit 12,5% de l’activité des deux pôles).
Le groupe veut passer de 8.000 à 9.300 collaborateurs locaux dans ces deux métiers mais ne chiffre pas ses investissements totaux. Eric Raynaud, son Monsieur Asie, devra nouer de nouveaux partenariats locaux, notamment dans l’assurance en Chine et en Indonésie, prioritaires de son dispositif (14 pays et 12 licences bancaires). Enfin, ses 25 centres asiatiques de financement du négoce et ses positions en cash management (gestion de trésorerie) sont les deux pendants de sa stratégie de flux auprès des entreprises.
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