BNP Paribas s’apprête à tourner la page des années Prot
BNP Paribas clôt un chapitre de son histoire. Le conseil d’administration du groupe devrait officialiser vendredi le départ au 1er décembre de Baudoin Prot, le président de la banque, et son remplacement par Jean Lemierre, 64 ans, conseiller du président depuis 2008, comme l’a révélé Le Figaro.
Ex-directeur du Trésor, ce dernier s’est trouvé en première ligne pour négocier en 2012 la restructuration de la dette de la Grèce, dont BNP Paribas était l’un des premiers créanciers, puis l’accord de plaider coupable trouvé fin juin avec les autorités américaines. La banque ne fait pas de commentaires.
Les apparences seront donc sauves: Baudouin Prot, fragilisé par l’amende de 8,9 milliards de dollars infligée à BNP Paribas aux Etats-Unis pour des faits intervenus alors qu’il était directeur général, part «à sa demande», selon un proche du dossier. La gestion de l’après-Lehman, en 2008, puis celle de la crise de la zone euro, à partir de 2011, ont laissé le banquier à bout de souffle. La sanction américaine a porté, elle, un rude coup à l’image de meilleur élève de la classe bancaire que le groupe et son président revendiquaient pendant la crise.
Mais l’on retiendra aussi que sous la direction de Baudouin Prot, depuis 2003, le groupe a doublé son chiffre d’affaires et fait passer de 30% à 70% la part de l’international dans ses activités. Les rachats de l’italienne BNL, en 2006, et surtout de Fortis, en 2008, ont accru l’avance du groupe sur ses concurrents français. Dans le même temps, le nombre de salariés est passé de 90.000 à 190.000.
Ce départ traduit au passage la modification de la gouvernance du groupe intervenue ces dernières années. Le tandem Pébereau-Prot a fait la force de BNP Paribas dans les années 2000, associant une éminence grise du capitalisme français à un banquier opérationnel. Un duo appuyé par des «sages» à l’envergure internationale, comme Jacques de Larosière et Jean Lemierre.
L’équilibre s’est rompu en 2011, Baudouin Prot ayant plus de mal à trouver sa place entre son successeur à la direction générale, Jean-Laurent Bonnafé, et un Michel Pébereau qui n’a jamais pris ses distances avec BNP Paribas. L’ancien PDG est resté président honoraire du groupe, administrateur et président du comité des nominations. Le choix de Jean Lemierre, s’il se confirme ce vendredi, donnera une nouvelle preuve de son influence intacte.
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