BNP Paribas s’allège massivement en dettes souveraines
BNP Paribas a joué la surprise hier en annonçant des provisions massives sur la dette grecque et une forte réduction de son exposition totale aux obligations d’Etat.
Après avoir appliqué à la lettre l’accord du 21 juillet sur la Grèce dans ses résultats au 30 juin, à savoir un provisionnement 21% des titres souverains arrivant à échéance avant 2021, la banque a cette fois employé les grands moyens. Elle a passé une provision de 60% sur la totalité des obligations d’Etat grecques qu’elle détient alors que le dernier accord du 27 octobre prévoit une décote de 50%. Coût total: 2,26 milliards d’euros au troisième trimestre.
Un éventuel défaut «serait gérable pour BNP Paribas puisque notre exposition souveraine résiduelle sur la Grèce s’élève maintenant à 1,6 milliard d’euros et que nous avons par ailleurs une très faible exposition au risque grec en termes de crédit en dehors de notre exposition souveraine», a précisé son directeur général, Baudouin Prot. Ce dernier n’acceptera toutefois pas de décote supplémentaire. «Il y a vraiment un moment où c’est la dernière station avant l’autoroute et là, à 50%, je dis effectivement que BNP Paribas n’ira pas volontairement au-delà de ce chiffre.» Les provisions sur la dette grecque lui ont coûté 15 points de base de ratio common equity tier one au troisième trimestre, compensés par une génération organique de capital équivalente, lui permettant de maintenir ce ratio à 9,6% à fin septembre.
La banque a aussi massivement réduit son exposition aux autres dettes souveraines, notamment en zone euro, provoquant des pertes sur cession de 362 millions d’euros au troisième trimestre, et de 450 millions en octobre. BNP Paribas a ainsi fait passer son exposition à l’Italie de 20,8 milliards au 30 juin à 12,2 milliards à fin octobre et ne détient plus que 500 millions de titres souverains espagnols contre 2,7 milliards quatre mois plus tôt. Pour justifier a posteriori ces cessions, la banque invoque un point très technique: la valorisation en mark-to-market des titres souverains européens du portefeuille AFS (available for sale), en anticipation de Bâle 3, demandée le 26 octobre par l’Autorité bancaire européenne.
La banque a ainsi réduit de 20,7% l’ensemble de son exposition souveraine à la zone euro et de 25,9% hors d’Europe, principalement aux Etats-Unis et au Japon «pour des question de concentration du risque», soit au total près de 15 milliards d’euros.
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