BNP Paribas reste solide mais cherche des relais de développement en Allemagne
Après les annonces de Barclays et Deutsche Bank mardi, l’un pour renforcer sa solvabilité, l’autre sa liquidité, BNP Paribas continue de se démarquer. A fin juin, son ratio de fonds propres durs Bâle 3 atteint 10,4%, la meilleure performance après UBS, à 11,2%. Son ratio de levier, nouvel étalon de la solidité des banques, s’élève à 3,4%, au-dessus des 3% exigibles en 2018 et des 2,1 à 2,5% affichés par Credit Suisse, Deutsche Bank, UBS et Barclays. Au deuxième trimestre, BNP Paribas a battu le consensus avec un résultat net de 1,76 milliard d’euros, en repli de 4,7% sur un an, pour un produit net bancaire de 9,92 milliards d’euros (-1,7%).
«Ces résultats confortent d’une certaine manière le statut de «premier de la classe» en Europe dans un environnement très peu porteur, résume Pierre Chedeville, analyste chez CM-CIC Securities. Le groupe fait preuve de mobilité stratégique quand les concurrents semblent plutôt jouer en défense». Après l’annonce de réductions de coûts et de ses ambitions en Asie et le lancement de l’offre numérique Hello Bank, le groupe a dévoilé ses objectifs dans la gestion d’actifs et en Allemagne, avant son plan global début 2014.
Face à la baisse de revenus de la banque de détail dans ses pays cœur (France, Italie et Belgique), la première banque de la zone euro par sa capitalisation vise 1,5 milliard d’euros de revenus en 2016 outre-Rhin, contre 1,1 milliard en 2012 (+8% par an). Ses investissements passeront principalement par 500 recrutements nets, pour appuyer ses 3.500 collaborateurs dans le pays.
La croissance externe n’est pas exclue, mais uniquement «pour des activités très limitées» comme le récent rachat de la conservation de titres de Commerzbank, a indiqué Jean-Laurent Bonnafé, directeur général de BNP Paribas. Sa filiale Cortal Consors vise 1% de part de marché sur les dépôts des particuliers allemands en 2017, en s’appuyant sur Hello Bank. L’affacturage devra doubler et les encours de location longue durée croître de 50%, à 3 milliards d’euros en 2016.
BNP Paribas veut aussi continuer à se renforcer auprès des midcaps et grands groupes allemands exportateurs. Cela passera notamment par des «financements clientèle», a glissé Jean-Laurent Bonnafé, alors que les encours de crédit du groupe continuent à s’effriter. En France, la baisse atteint 2,7% au deuxième trimestre, et même 4% sur les entreprises.
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