BNP Paribas mise gros sur les synergies
Comme le Crédit Agricole, qui a dévoilé son programme la semaine dernière, BNP Paribas attend beaucoup des synergies entre ses différents métiers pour réaliser les objectifs de son plan 2016. Ceux-ci ont déjà été dévoilés dans les grandes masses en février, à l’occasion de la publication des comptes annuels de la banque: une croissance des revenus de 10% par rapport à 2013, un coefficient d’exploitation en recul de 3 points à 63% et un rendement des fonds propres supérieur ou égal à 10% (contre 7,7% en 2013).
Ces développements devront se faire à un coût contenu: BNP Paribas a budgété une hausse de 5,5% de ses charges opérationnelles en trois ans, à 26,7 milliards d’euros. En outre, BNP Paribas a révisé son plan d’économies «simple and efficient», qui planifiait 2 milliards d’euros de baisse de coûts à son terme en 2015. L’objectif est désormais fixé à 2,8 milliards, à atteindre en 2016: 63% proviendront de la banque de détail, 24% de la banque de financement et d’investissement (BFI) et 13% du pôle Investment Solutions (IS, qui regroupe gestion d’actifs, métiers titres, assurance). De son côté, le Crédit Agricole a identifié 410 millions d’économies supplémentaires pour 2016, portant le total à 950 millions.
La BFI est le moteur de la recherche de synergies de BNP Paribas. Pour développer sa clientèle, le groupe veut rapprocher la BFI du pôle IS, notamment les métiers titres (dont le groupe est numéro 5 mondial) et la gestion. «Rapprocher les marchés de capitaux et les services titres nous permettra de répondre aux nouvelles exigences réglementaires sur les marchés, comme la compensation des dérivés», indique Alain Papiasse, le responsable de la BFI.
Les ventes croisées devront compenser la croissance modeste des revenus de BNP Paribas dans sa banque de détail «domestique» (réseaux France, Belgique-Luxembourg et Italie): +1,5% par an (dont +0,5% en France), alors que le groupe vise une progression de 8% de la rentabilité avant impôt. Ainsi, trois entités liées aux entreprises au sein des réseaux de détail se rapprocheront de la BFI: le dispositif «One bank for corporates» mis en place en 2011, qui regroupe les produits de flux destinés aux PME et ETI, le cash management et la filiale allemande du groupe. Outre-Rhin, la BFI vise la clientèle des PME exportatrices. BNP Paribas cherchera également les synergies dans les marchés à fort potentiel: aux Etats-Unis, BancWest sera ainsi en mesure de proposer des financements plus sophistiquées.Le groupe vise une progression annuelle de ses revenus supérieure à 6% pour sa BFI. L’Europe ne représentera que 40% de cette croissance (pour 77% des revenus 2013), l’Amérique du Nord 25% et l’Asie-Pacifique plus de 25%. En 2016, plus de la moitié des revenus de la BFI devraient être réalisés hors d’Europe. «Nous avons choisi de maintenir des activités et une présence géographique diversifiées alors que des concurrents en ont abandonné certaines, par exemple en equity, ou se sont retirés de certaines zones», précise Alain Papiasse, allusion notamment à UBS et RBS.
Reste que BNP Paribas mise davantage sur la banque de financement (+8% par an) que les activités de marché (+5%). Et ces développements se feront prudemment: la croissance des encours pondérés devrait être modérée (+3% par an), tandis que le coefficient d’exploitation serait réduit de 9 points, à 60%.
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