BNP Paribas met un pied dans le crédit consommation en Afrique du Sud

Contacté par l’un des actionnaires avec lequel il est en relation, l'établissement français négocie l’acquisition de RCS, qui occupe 2% du marché
Antoine Landrot

Certes modeste, l’acquisition annoncée hier par BNP Paribas en Afrique du Sud confirme que la banque française est repartie à l’offensive. L’objet de sa convoitise est RCS, un acteur du crédit à la consommation, qui propose des programmes de cartes de crédit pour la distribution, des prêts personnels et des contrats d’assurance.

BNP Paribas, à travers son pôle Personal Finance, a signé un accord avec les deux actionnaires de RCS: le distributeur The Foschini Group (TFG, qui détient 55% de son capital) et Standard Bank (45%). C’est TFG qui, en juillet 2013, a approché l’établissement français, avec lequel il entretient des relations anciennes.

BNP Paribas devrait débourser 2,65 milliards de rands (184 millions d’euros) comptant. Ce montant est calculé à partir d’un prix minimal de 2,3 milliards de rands (sur la base d’un actif net de 1,7 milliard au 30 septembre 2013), modulé pour tenir compte, d’une part, de la hausse anticipée de la valeur de l’actif net tangible entre le 31 juillet 2013 et le 31 juillet 2014, et d’autre part, des intérêts calculés entre cette date et la conclusion de l’opération, prévue autour du 1er septembre 2014. Mais le prix final pourrait être inférieur en cas de baisse de l’actif net tangible entre juillet 2013 et 2014.

Depuis que BNP Paribas a acquis les intérêts minoritaires de l’Etat belge dans sa filiale BNP Paribas Fortis et l’établissement polonais BGZ fin 2013, l’on savait la banque française à l’affût. Mais elle n’était pas particulièrement attendue en Afrique du Sud, où elle n’exerce pas d’activité de détail. Sa filiale locale concentre les métiers de BFI. Le groupe a également créé en 2011 une société commune dans le courtage avec Cadiz Holdings.

Qui plus est, le crédit à la consommation, qui ne pourvoit pas de dépôts, est pénalisé par la réglementation de Bâle 3. Il est de plus en plus encadré, comme en France (loi Lagarde, loi Hamon). Cette activité est donc plutôt sur la défensive en Europe. Ce qui pourrait expliquer le choix d’investir dans les émergents.

«L’Afrique du Sud a un potentiel de croissance économique et démographique important. Le pays est bien bancarisé et la réglementation du crédit à la consommation est solide. D’autre part RCS est bien capitalisée, bien gérée et profitable, avec un savoir-faire en matière de gestion des risques», explique à L’Agefi Benoît Cavelier, directeur des partenaires clé chez BNP Paribas PF. L’objectif est de porter sa part de marché de 2% à 5%.

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