Le groupe a battu les consensus d’analystes malgré de piètres résultats en banque de financement et d’investissement. Les réseaux ont résisté
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Antoine Landrot
La chute de 44,8% du bénéfice net de BNP Paribas au premier trimestre (à 1,58 milliard d’euros) n’a pas inquiété le marché: le titre de la banque a terminé en hausse de 2,4% à 43,9 euros. En effet, l’ampleur de la chute du résultat est trompeuse: les comptes du premier trimestre 2012 étaient gonflés par la plus-value de 1,79 milliard d’euros tirée de la cession de Klepierre. De fait, le groupe a battu les consensus établis par Thomson Reuters (1,53 milliard) et Bloomberg (1,34 milliard).
Exceptionnels mis à part, le bénéfice de BNP Paribas recule néanmoins de 28%. La faute en incombe à la banque de financement et d’investissement (BFI). «Les marchés de capitaux ont été très irréguliers au premier trimestre 2013 en Europe, alors qu’ils avaient été soutenus un an plus tôt par les programmes de liquidité LTRO de la BCE, indique Jean-Laurent Bonnafé, directeur général de BNP Paribas. Toutefois, nous avons conservé nos excellentes positions concurrentielles dans les émissions obligataires internationales et d’entreprises en euro.»
Fortement exposée à l’Europe, la BFI n’a pas profité de la hausse des marchés aux Etats-Unis, contrairement à Deutsche Bank, UBS ou Credit Suisse. Ses revenus ont décliné de 26,8% sur les taux et de près de 20% dans les actions et le conseil. En financement, le contexte de crise fait chuter l’activité de 17,6%. Malgré une baisse de 7 points de base (pb) du coût du risque à 26 pb, le résultat imposable recule de 30,4%, à 806 millions. «Le ROE avant impôt de la BFI s'établit à 22% en Bâle 3, ce qui est somme toute correct dans ce contexte», relève toutefois CM-CIC Securities.
La bonne surprise vient d’Investment solutions (+3,4% à 1,56 milliard d’euros) et de la banque de détail, malgré la crise et les doutes sur la pertinence du modèle des banques universelles. Les revenus de ce pôle sont restés stables (+0,2% à 6,25 milliards), en dépit d’un recul de 0,8% dans les réseaux nationaux (France, Belgique, Italie et Luxembourg) du fait de la faiblesse des taux et de la production de crédits (-1,6%).
Alors que le plan d’économies Simple & Efficient a été annoncé en février, les coûts ont été plus que maintenus sous contrôle: les frais de gestion ont reculé de 4,8% à l’échelle du groupe, dont 3,3% dans les réseaux et de 16,4% en BFI. Les investisseurs ont également salué la solidité de la banque, qui affiche désormais un ratio de fonds propres durs de 10% sous Bâle 3.
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