BNP Paribas crée la mauvaise surprise sur le coût des litiges
BNP Paribas a beau avoir mentionné dans son document de référence 2012 l’existence d’un examen interne concernant des transactions en lien avec des pays sous embargo américain, le montant de la provision passée au quatrième trimestre a surpris: les 1,1 milliard de dollars (798 millions d’euros) ont refroidi les investisseurs. Le titre a terminé en recul de 2,55%, à 59,3 euros.
«La revue interne a démarré en 2009 et porte sur des transactions entre 2002 et 2009. La décision de passer ces provisions a été prise parce que l’examen vient de s’achever. Nous allons passer à une phase de discussion avec les autorités américaines», a déclaré Jean-Laurent Bonnafé, directeur général de BNP Paribas, peu disert sur le sujet. Selon le WSJ, les pays concernés seraient Cuba, le Soudan, l’Iran et la Libye. Toujours est-il que cette provision a consommé l’essentiel du résultat net au dernier trimestre, qui ressort à 127 millions d’euros (-75,5%). Pour l’année, le bénéfice recule de 26,4% à 4,8 milliards, affecté au total par 1,2 milliard d’euros d’éléments exceptionnels. Hors exceptionnels, le résultat ressort à 6 milliards, en recul de 5%.
Les activités de financement et d’investissement (BFI) ont souffert en 2013: son PNB a reculé de près de 11% (à 8,7 milliards d’euros) et son résultat avant impôt d’un quart (à 2,2 milliards). Le redressement de l’activité actions & conseil au quatrième trimestre (+45% à 465 millions) n’a pas suffi à enrayer le recul sur les taux, une activité qui pèse le double de la première : victime comme ses rivales de la politique de la Fed, la banque a vu son PNB chuter de 13% au dernier trimestre (à 721 millions) et de 21% en 2013 dans le fixed income.
BNP Paribas s’est en revanche félicitée de la bonne tenue du coût du risque dans ses réseaux, dont certains avaient été source de provisions importantes. L’Europe Méditerranée (qui regroupe notamment la Turquie et l’Ukraine) a ainsi vu son coût du risque reculer à 91 points de base (pb) en 2013, contre 117 un an plus tôt. De même, BancWest (aux Etats-Unis) atteint un ratio record à 13 pb, contre 35 en 2012 et 119 en 2010. Le coût du risque demeure très faible en France (23 pb) et en Belgique (16 pb). Seule l’Italie, où la récession se prolonge, a nécessité de passer 244 millions d’euros de dotations supplémentaires (à 150 pb), provoquant une remontée du coût du risque du groupe (+2,9% à 4 milliards).
Plus d'articles du même thème
-
Rexel veut muscler son jeu aux USA avec le rachat de GCG pour 1,4 milliard de dollars
Le distributeur de matériel électrique Rexel renoue avec la croissance externe en s'offrant une plateforme spécialisée dans les infrastructures. -
Le dollar accompagne la hausse du pétrole
Le billet vert peut régulièrement se recorréler au cours du pétrole, cette fois-ci davantage en lien avec les pressions inflationnistes aux Etats-Unis que pour son rôle de valeur refuge. Mais cette "recorrélation" avec le cycle monétaire n’est par définition pas forcément durable. Surtout si les autres banques centrales remontent aussi leurs taux. -
Le collège de l'AMF requiert une lourde sanction contre Auris Gestion et ses deux dirigeants
L’organe de poursuite a sollicité une amende d'un million contre la société de gestion, assortie d’un avertissement, et de 500.000 en cumulés contre deux de ses dirigeants.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
- Le scénario de vente de Cetelem en Espagne se précise
Contenu de nos partenaires
-
Elle pourrait « causer un milliard de morts » : Bill Gates appelle à une forte régulation de l'IA dans les mois à venir
« Aucune arme ne s’est avérée aussi puissante que des outils d’IA avancés utilisés par des individus malintentionnés », a assuré Bill Gates, ancien patron de Microsoft, dans une interview à NBC News, qui doit paraître dimanche 27 septembre -
La Fabrique de l'OpinionPrésidentielle : « La modération est devenue inaudible »
Face à une succession de crises, la quête de protection des Français bouscule le jeu politique, poussant les partis traditionnels à imiter les extrêmes à l'approche du scrutin -
Crise des carburants : d'où vient le gazole que consomment les Français ?
Une éventuelle décision de Donald Trump de stopper les exportations américaines de pétrole raffiné fait craindre à la France, qui importe la moitié de son diesel, une flambée des prix qui pourrait atteindre 3,90 euros le litre