BBVA repart à l’offensive en Espagne en mettant la main sur Catalunya Banc

Avec une offre de 1,2 milliard d’euros, la banque a emporté les enchères pour la reprise de sa concurrente nationalisée en 2011
Benoît Menou

BBVA a déjoué les pronostics pour s’emparer de Catalunya Banc. Avec une offre de 1,19 milliard d’euros, le prétendant s’est en effet montré le plus généreux pour séduire le fonds de restructuration du secteur bancaire espagnol, le Frob, qui en était à sa troisième tentative de vente d’une banque nationalisée en 2011 par le biais d’un plan de soutien public de 12 milliards d’euros.

L’épilogue n’a pas tardé, quelques jours seulement après l’annonce de la cession à Blackstone d’un portefeuille de créances immobilières de Catalunya Banc d’une valeur faciale de 6,4 milliards. Cette opération a ainsi rempli à merveille son rôle de déclencheur de la vente de la banque catalane.

Santander pourtant était donnée favorite, devant Caixabank et BBVA, du fait d’une meilleure complémentarité des réseaux. Selon le quotidien Expansion, le Frob s’est dispensé d’un second tour d’enchères car l’offre de BBVA était supérieure à celles de ses rivales d’au moins 200 millions d’euros. Encore BBVA n’a-t-elle pas selon Jose Ramon Iturriaga, analyste chez Abante Asesores, surpayé son offensive «opportuniste» en Catalogne, où l’acquéreur double sa part de marché pour en détenir un quart environ.

De fait, le prix convenu pourra être réduit de 267 millions si la cible n’obtient pas avant finalisation de la transaction (attendue au premier trimestre 2015) une confirmation de la part des autorités fiscales espagnoles de la conversion de certains actifs d’impôt différé (DTA) en crédits d’impôts. Une manœuvre permise par une évolution réglementaire fin 2013, source de renforcement des fonds propres durs (à hauteur de 30 milliards d’euros potentiellement pour l’ensemble du secteur bancaire espagnol).

En outre, le prix consenti représente une ristourne de 47% par rapport à la valeur d’actif net de la cible. Et BBVA attend de Catalunya Banc une contribution annuelle moyenne de 300 millions d’euros à partir de 2018, une fois digérés les 450 millions de coûts d’intégration.

«L’opération démontre que nous sommes extrêmement confiants dans le rétablissement économique actuel», a lancé hier le président de BBVA, Francisco Gonzalez. Mieux, l’opération «renforce le système financier espagnol», selon le dirigeant. Le prédateur n’aura pas recours à une augmentation de capital, tout en reconnaissant un impact négatif de 0,55 point de son ratio de fonds propres durs sous Bâle 2.5 (phased-in), qui s’établissait à 10,8% au 31 mars dernier.

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