BBVA profite du dynamisme de l’Amérique latine

La banque espagnole assure que ses marges « résistent » et qu’elle contrôle désormais son taux d’encours douteux
Elodie Cuzin, à Madrid

La banque espagnole BBVA a présenté hier un bénéfice d'1,15 milliards d’euros au premier trimestre 2011, en baisse de 7,3% par rapport à mars 2010 mais supérieur à celui des deux derniers trimestres. La direction a voulu marquer d’un optimisme prudent des résultats soutenus par la diversification géographique.

«La marge d’intérêt maintient une grande résistance grâce à un portefeuille équilibré entre les géographies, les activités, les segments et les produits», souligne la banque dans un communiqué. Son produit net des intérêts accuse une chute de 6,2% par rapport à mars 2010 et atteint 3,17 milliards d’euros au premier trimestre. Mais il «dépasse le niveau du dernier trimestre», souligne la banque. En Espagne, l’indicateur «ralentit sa chute» avec une baisse de 3%.

La «saignée» provoquée par la guerre des dépôts, comme l’a qualifiée hier le numéro deux de BBVA, Angel Cano, a plombé les résultats de nombreux établissements en 2010. «Si tout le secteur avait des actionnaires privés, la bataille du prix des dépôts ne serait pas sur la table», a-t-il déclaré aux médias en allusion aux caisses d'épargne espagnoles.

Comme sa grande rivale Santander la semaine dernière, BBVA avance que la détérioration de son activité sur le marché domestique pourrait bientôt prendre fin. Son taux d’encours douteux atteint 4,1% fin mars, le même niveau qu’en décembre dernier. Il accumule ainsi cinq trimestres consécutifs à un niveau similaire (4,3% en décembre 2009), souligne la banque.

Plus de la moitié des revenus du groupe sont désormais générés sur des marchés émergents, Mexique et le reste de l’Amérique latine en tête. Leur poids «dans les résultats du groupe continuera de croître», a déclaré Angel Cano. Le Mexique apporte ainsi 30% du bénéfice au premier trimestre avec 436 millions d’euros, face aux 477 millions d’euros gagnés en Espagne après une chute de 33% de ses profits, amaigris par les provisions. L’Amérique du Sud contribue à hauteur de 19%, l’Eurasie (qui inclue le Portugal et la banque de gros) 13,5% et les États-Unis, 5,5%. L’absorption des 25% de la banque turque Garanti a eu un impact sur le ratio de fonds propres de BBVA qui descend à 8,9%, un niveau toutefois satisfaisant aux yeux de la banque. Le groupe a embauché 3.710 personnes depuis un an sur les marchés émergents et ouvert 67 nouvelles agences ce trimestre.

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