BBVA pose à son tour la question des survaleurs dans les bilans bancaires
Le rêve américain de BBVA commence à lui coûter cher. La banque espagnole passera au quatrième trimestre 2011 une charge nette d’un milliard d’euros pour déprécier ses écarts d’acquisition aux Etats-Unis. Des survaleurs surtout liées au rachat de Compass en février 2007 pour 9 milliards de dollars ou encore 3,4 fois l’actif net de la cible, un multiple élevé même à l’époque.
«Bien que les profits et l’activité de cette division aient connu une évolution positive en 2011, les dernières prévisions de croissance pour les Etats-Unis et l’impact du nouveau cadre réglementaire ont ralenti la projection de hausse des résultats futurs», explique BBVA. Le groupe avait déjà déprécié de 704 millions en 2009 ses survaleurs dans ce pays. BBVA a dégagé 218 millions d’euros de résultat net aux Etats-Unis sur les neuf premiers mois de 2011, pour un capital économique alloué de 3 milliards.
La dépréciation n’aura pas d’effet négatif sur la solvabilité du groupe. Mieux, elle renforcera les fonds propres de 400 millions d’euros grâce à un traitement fiscal favorable. Mais «elle entraînera une perte pour BBVA au quatrième trimestre, la banque dégageant autour d’un milliard de profits par trimestre», notent les analystes crédit de RBS.
Cette annonce «est en ligne avec notre prévision d’autres dépréciations de survaleurs à venir dans le secteur bancaire», estime CreditSights. La banque autrichienne Erste a ouvert le bal en novembre pour ses filiales roumaines et hongroises. UniCredit l’a suivie en effaçant 8,7 milliards d’euros d’écarts d’acquisition au troisième trimestre. Credit Agricole SA, qui a déjà passé à zéro ses goodwills sur Emporiki, dépréciera de 1,05 milliard ceux de sa banque de financement et de 247 millions ceux de ses activités de crédit bail et d’affacturage.
CreditSights rappelle que les trente banques européennes qu’il couvre «portent un goodwill combiné de 220 milliards d’euros au 30 septembre, équivalent à 22% du capital core tier one avant déduction des survaleurs». Les plus grosses survaleurs se trouvent chez Santander (29 milliards), Intesa (24,7 milliards), CASA (22,2 milliards avant les dépréciations annoncées), HSBC (20 milliards), RBS (17 milliards) et BNP Paribas (14 milliards). Le bureau d’analyse estime en particulier que l’Europe centrale sera un gros pourvoyeur de dépréciations en 2012 pour les banques qui y sont implantées.
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