BBVA choisit la dette hybride pour combler son déficit en capital
BBVA a annoncé une augmentation de capital de 3,475 milliards d’euros via l’émission de bons convertibles en actions, à un coupon de 6,5%, réservée aux porteurs d’actions de préférence. La première moitié des obligations sera obligatoirement convertie en actions ordinaires au 30 juin 2012 et l’autre moitié le 30 juin 2013. «Mais la banque aura la possibilité d’exercer la conversion à n’importe quel moment si elle le souhaite, ce qui devrait permettre au régulateur de comptabiliser cet instrument en fonds propres durs», souligne la recherche crédit de RBS.
L’annonce va à l’encontre de ce qu’avait initialement déclaré BBVA suite à l’annonce du plan de recapitalisation de l’Autorité bancaire européenne (EBA). Celle-ci demandait en octobre dernier aux cinq grandes banques espagnoles de se recapitaliser à hauteur de 26 milliards d’euros. Pour BBVA, les besoins avaient été chiffrés à 7, 087 milliards d’euros. Le groupe déclare que cette transaction lui permettra de dépasser les 9% de fonds propres exigés par l’EBA.
Cependant, Manuel Romera, directeur du secteur financier à l’IE Business School, estime que BBVA ainsi que d’autres entités espagnoles devront trouver d’autres formules pour augmenter leur fonds propres: «les obligations convertibles en actions ne couvrent qu’un quart des 26 milliards de capital exigés au secteur». Selon l’économiste espagnol, le problème clé réside dans la définition de ce que l’on considère comme «core capital». Selon lui, «ce seront plus les exigences de l’EBA que les règles de Bâle 3 qui seront déterminantes pour le secteur bancaire en Europe».
Chiffrés à 26 milliards d’euros, les besoins en capitaux du secteur bancaire espagnol avaient été classés parmi les plus élevés en Europe. Cependant, ces besoins descendent à 19 milliards «si on comptabilise comme fonds propres les obligations convertibles, souligne Manuel Romera. Ce chiffre serait encore plus bas si on considérait les provisions génériques, deux éléments que l’EBA n’a toujours pas reconnu dans ses calculs de core tier one».
De son côté, Santander a préféré satisfaire les nouveaux critères de capitalisation en procédant à la vente de 7,8% de sa filiale chilienne, juste au lendemain de la cession d’environ 8,2% de sa filiale brésilienne (notre édition d’hier). Ces deux opérations lui rapporteront 2,5 milliards d’euros (800 millions pour sa part au Chili et 1,7 milliard au Brésil).
Plus d'articles du même thème
-
« Wall Street s’inquiète peut-être, mais Main Street va bien »
Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique chez Lombard Odier IM. -
«Notre vision plus constructive reflète une amélioration de l’éventail des opportunités»
Felix Freund, responsable du crédit des marchés développés chez Aberdeen Investments. -
PARTENARIATDette AT1 : trop d’acheteurs pour trop peu de papier ?
Entre offre et demande : décryptage des ressorts techniques d’un marché difficile à ignorer.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Defiance lance le premier ETF Ucits dédié aux «Sept Magnifiques»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Sécurité européenne : les dirigeants européens rejettent le projet d’accord de Trump avec Moscou
Donald Trump promet la conclusion d’un vaste accord avec la Russie qui pourrait concerner « toute l’Europe ». À quelques jours de la reprise des pourparlers sur l’Ukraine à Abou Dhabi, les Européens préviennent que la sécurité du continent ne se négociera pas sans eux -
Introduction en Bourse d’Anthropic : le krach des valeurs de l’IA fait fondre la valorisation espérée
Après la chute historique du Nasdaq jeudi, les investisseurs intéressés par l’introduction en Bourse du créateur de Claude n’évoquent plus qu’une valorisation comprise entre 1 100 et 1 300 milliards de dollars, très loin des 2 000 milliards encore envisagés début octobre -
Etats-Unis : Pete Hegseth dans l’œil du cyclone après la déroute républicaine aux midterms
Artisan de la guerre en Iran, qui a lourdement pesé dans la déroute républicaine aux élections de mi-mandat, Pete Hegseth pourrait faire l’objet d’un vote de mise en accusation dès la semaine prochaine. Donald Trump assure vouloir conserver son chef du Pentagone, mais s’interrogerait en coulisses sur l’opportunité de le remplacer