BBVA choisit la dette hybride pour combler son déficit en capital

La banque espagnole émet 3,47 milliards d’euros d’obligations qu’elle peut convertir comme elle l’entend en actions
Isabelle Birambaux, à Madrid

BBVA a annoncé une augmentation de capital de 3,475 milliards d’euros via l’émission de bons convertibles en actions, à un coupon de 6,5%, réservée aux porteurs d’actions de préférence. La première moitié des obligations sera obligatoirement convertie en actions ordinaires au 30 juin 2012 et l’autre moitié le 30 juin 2013. «Mais la banque aura la possibilité d’exercer la conversion à n’importe quel moment si elle le souhaite, ce qui devrait permettre au régulateur de comptabiliser cet instrument en fonds propres durs», souligne la recherche crédit de RBS.

L’annonce va à l’encontre de ce qu’avait initialement déclaré BBVA suite à l’annonce du plan de recapitalisation de l’Autorité bancaire européenne (EBA). Celle-ci demandait en octobre dernier aux cinq grandes banques espagnoles de se recapitaliser à hauteur de 26 milliards d’euros. Pour BBVA, les besoins avaient été chiffrés à 7, 087 milliards d’euros. Le groupe déclare que cette transaction lui permettra de dépasser les 9% de fonds propres exigés par l’EBA.

Cependant, Manuel Romera, directeur du secteur financier à l’IE Business School, estime que BBVA ainsi que d’autres entités espagnoles devront trouver d’autres formules pour augmenter leur fonds propres: «les obligations convertibles en actions ne couvrent qu’un quart des 26 milliards de capital exigés au secteur». Selon l’économiste espagnol, le problème clé réside dans la définition de ce que l’on considère comme «core capital». Selon lui, «ce seront plus les exigences de l’EBA que les règles de Bâle 3 qui seront déterminantes pour le secteur bancaire en Europe».

Chiffrés à 26 milliards d’euros, les besoins en capitaux du secteur bancaire espagnol avaient été classés parmi les plus élevés en Europe. Cependant, ces besoins descendent à 19 milliards «si on comptabilise comme fonds propres les obligations convertibles, souligne Manuel Romera. Ce chiffre serait encore plus bas si on considérait les provisions génériques, deux éléments que l’EBA n’a toujours pas reconnu dans ses calculs de core tier one».

De son côté, Santander a préféré satisfaire les nouveaux critères de capitalisation en procédant à la vente de 7,8% de sa filiale chilienne, juste au lendemain de la cession d’environ 8,2% de sa filiale brésilienne (notre édition d’hier). Ces deux opérations lui rapporteront 2,5 milliards d’euros (800 millions pour sa part au Chili et 1,7 milliard au Brésil).

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