Barclays s’efforce de défendre la hausse des bonus devant ses actionnaires
Le président de Barclays, Sir David Walker, s’est livré hier à un exercice de haute voltige devant les actionnaires réunis en assemblée générale : justifier une hausse de 10% des bonus versés au titre de 2013 malgré une baisse d’un tiers des bénéfices. L’ancien PDG de Morgan Stanley International a mis en avant le risque d’un exode massif de collaborateurs clés au sein de l’établissement.
«Notre activité a été attaquée de manière très agressive par des concurrents, en particulier aux Etats-Unis», a-t-il expliqué, précisant que le taux de démission pour les cadres seniors de Barclays outre-Atlantique avait quasiment doublé l’an dernier. Cet argument a laissé de marbre certains actionnaires. «Nous payons pour Manchester United mais nous obtenons Colchester United (club de troisième division anglaise, ndlr)», a raillé un actionnaire individuel. A 252 pence hier, l’action est bien loin du niveau de presque 300 pence atteint en début d’année.
L’insatisfaction gagne également les grands actionnaires. «Nous ne sommes pas convaincus du fait que le montant des bonus pour 2013 était dans le meilleur intérêt des actionnaires», a commenté Alison Kennedy, responsable des questions de gouvernance chez Standard Life, qui détient 1,4% du capital de Barclays selon FactSet. L’assureur écossais a voté contre le plan de rémunération, au même titre que près d’un quart des actionnaires (23,99% très précisément).
Le cabinet de conseil en vote ISS avait recommandé pour sa part l’abstention, estimant que l’augmentation des bonus était «inadmissible au regard de la performance opérationnelle à court terme». Ce vote était non contraignant. L’accueil a été plus positif en ce qui concerne la rémunération des administrateurs, approuvée à 93%, et le relèvement du plafond des bonus (jusqu’à 200% du salaire fixe).
Le compte-rendu de l’activité livré par le directeur général Anthony Jenkins n’a pas permis de réconforter les investisseurs. Selon ce dernier, il faut s’attendre pour le premier trimestre à une baisse «importante» des bénéfices tirés du trading obligataire au Royaume-Uni. Les résultats complets seront publiés le 6 mai.
Anthony Jenkins a en outre promis de créer une banque «plus simple, plus équilibrée et beaucoup plus resserrée», alors qu’un grand remaniement stratégique doit être présenté le 8 mai. Dans ce cadre, plusieurs milliers de postes devraient être supprimés dans la banque d’investissement.
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