Barclays envoie un message contrasté sur ses réductions de coûts
Barclays continue à réduire ses coûts à marche forcée. A l’occasion hier de la publication de ses résultats annuels 2013, la banque britannique a annoncé qu’entre 10.000 et 12.000 postes dans le monde seraient supprimés cette année, dont 7.000 au Royaume-Uni sur un effectif global de 139 600 personnes. Sans préciser où le couperet tomberait, le directeur général Antony Jenkins, aux manettes de la banque depuis dix-huit mois, a cependant indiqué que 220 managing directors et 600 directeurs quitteraient l’entreprise au cours des six prochains mois.
Car Barclays reste sous pression pour réduire sa base de coûts : ses dépenses d’exploitation ont progressé à hauteur de 33% à 2,464 milliards de livres au dernier trimestre 2013 comparé à la même période une année auparavant et son coefficient d’exploitation reste élevé à 79%. La banque, qui avait d’ores et publié des éléments de ses comptes annuels lundi, dont un bénéfice ajusté imposable en baisse de 32% à 5,167 milliards de livres, a dévoilé hier la chute de ses revenus dans ses opérations de banque d’investissement. Dans cette division, le produit bancaire a reculé de 9% à 10,7 milliards pour un bénéfice net en chute de 37% à 2,5 milliards, conséquence des mauvaises performances dans le trading obligataire.
Ce recul significatif n’a cependant pas empêché l’établissement d’augmenter son enveloppe des bonus à hauteur de 10% en 2013. Au total, la banque a versé 2,38 milliards de livres (2,86 milliards d’euros) de primes à ses salariés l’an dernier, avec une augmentation de 13% des bonus dans sa banque d’investissement à 1,57 milliard.
«Il est évident que nous avons dû prendre cette décision avec beaucoup de précaution», s’est défendu Antony Jenkins lors d’une conférence de presse hier. Après avoir réaffirmé l’importance de rester compétitif au niveau mondial, le directeur général, qui a renoncé pour la deuxième année à son bonus, a souligné la difficulté de recruter des talents dans certaines opérations : « la pression est intense aux Etats-Unis et en Asie» a-t-il souligné en signalant que cette difficulté était moins présente au Royaume-Uni.
Le directeur général a cependant tenu à préciser que la banque continuait à viser un objectif de ratio de rémunération de 35% au cours des prochaines années, comparé à 43,2% aujourd’hui. A la Bourse de Londres, l’action Barclays a perdu 3,75% à 264,7 pence.
Plus d'articles du même thème
-
MSCI donne un sursis à l’Indonésie
Le fournisseur d’indices a reporté sa décision de déclassement en marché frontière de la première économie d’Asie du Sud-Est à novembre, dans l’attente d’évaluer les mesures prises par Jakarta. MSCI a par ailleurs décidé d’accorder le statut de marché frontière à la Bulgarie et laisse la Corée du Sud chez les émergents. -
«Sur le rapport Draghi, le plus dur reste à faire», alerte l'Institut Montaigne
Selon le think tank libéral, si 30 % des recommandations du rapport Mario Draghi ont été appliquées, moins de 5 % des réformes les plus substantielles l'ont été. -
Le baromètre Micron rassure les marchés sur la demande liée à l’IA
Le fabricant américain de puces mémoire Micron a publié mercredi soir des résultats trimestriels et des prévisions records. Il est un des grands gagnants des pénuries de puces mémoire HBM, ayant engrangé à ce titre plusieurs contrats pluriannuels.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
- Maisons du Monde s’apprête à passer sous le contrôle de deux fonds britanniques
Contenu de nos partenaires
-
Italie, Allemagne et Portugal : comment se débrouillent nos voisins face à la dette ?
Alors que la dette de la France atteint des sommets, la Cour des comptes a consacré un chapitre de son dernier rapport à la manière dont l'Italie, le Portugal et l'Allemagne ont récemment consolidé leurs finances publiques -
InsoucianceComment le piège de la dette se referme sur la France
Le risque de l'étouffement par surendettement menace désormais le pays. En quelques années, le discours des économistes s'est radicalement retourné sous l'effet de la remontée en flèche des taux d'intérêt. Trop tard ? -
Nouvelle réalitéLes pays du Golfe tentent l'apaisement avec Téhéran
L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis ou encore le Qatar multiplient les initiatives pour restaurer les liens avec leur rival iranien