Barclays Capital assombrit les perspectives de sa maison mère

La banque britannique, qui accuse un recul de ses revenus et de ses bénéfices, va réintégrer ses actifs toxiques contenus dans Protium
Antoine Landrot

L’horizon paraît aujourd’hui assombri pour Bob Diamond, le nouveau directeur général de Barclays. Au premier trimestre 2011, la banque britannique a annoncé un recul de 9% de son bénéfice imposable, à 1,66 milliard de livres sterling (1,86 milliard d’euros). Le résultat net recule de 5% pour atteindre le milliard de livres. Des montants inférieurs aux attentes des analystes et des investisseurs, qui ont sanctionné le titre (-4,75% à 287,5 pence).

Le résultat a été affecté de manière non récurrente par une diminution de la valeur de sa propre dette. Celle-ci a impacté sa banque de financement et d’investissement (BFI), Barclays Capital (BarCap), obligeant l’établissement à passer une dépréciation de 351 millions de livres.

Surtout, les comptes ont été affectés par les mauvaises performances économiques de BarCap. Son activité récurrente (excluant l’effet de la dette) a dégagé un bénéfice imposable de 1,33 milliard de livres, en baisse de 15% sur un an. Les revenus ont également reculé de 15% (à 3,28 milliards), décevant particulièrement les investisseurs. Comme la plupart de ses homologues américaines, BarCap affiche en effet une nette dégradation par rapport au début de l’année 2010. Les recettes tirées du trading sur les taux, les changes et les matières premières (FICC) ont chuté de 22%, tendance que les progressions de 11% et 10% dans le trading actions et dans le conseil n’ont pu compenser.

Dans un autre registre, l’établissement britannique va réintégrer dans ses comptes Protium Finance, un véhicule constitué de 7,4 milliards de livres d’actifs toxiques, transférés en 2009 pour éviter d’avoir à subir des dépréciations en juste valeur. Ce fonds est géré par C12, une société composée d’anciens de Barclays. Le transfert avait été financé par un prêt de la banque.

Mais l’intérêt de la manœuvre est remis en question par les futures règles de Bâle 3. En effet, la contrepartie en fonds propres du prêt devrait tripler sous la nouvelle réglementation. Un «coût» qui fait frémir les investisseurs. Barclays veut donc accélérer la cession des actifs sous-jacents. Comme évoqué lors des résultats 2010, Barclays va restructurer sa créance à l’égard de Protium. La maturité du prêt sera raccourcie au 15 juin 2014. D’ici à la fin du mois, la banque aura pris le contrôle de Protium, non sans avoir payé 83 millions de dollars aux gérants de C12, en compensation de commissions non perçues.

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