Barclays Capital assombrit les perspectives de sa maison mère
L’horizon paraît aujourd’hui assombri pour Bob Diamond, le nouveau directeur général de Barclays. Au premier trimestre 2011, la banque britannique a annoncé un recul de 9% de son bénéfice imposable, à 1,66 milliard de livres sterling (1,86 milliard d’euros). Le résultat net recule de 5% pour atteindre le milliard de livres. Des montants inférieurs aux attentes des analystes et des investisseurs, qui ont sanctionné le titre (-4,75% à 287,5 pence).
Le résultat a été affecté de manière non récurrente par une diminution de la valeur de sa propre dette. Celle-ci a impacté sa banque de financement et d’investissement (BFI), Barclays Capital (BarCap), obligeant l’établissement à passer une dépréciation de 351 millions de livres.
Surtout, les comptes ont été affectés par les mauvaises performances économiques de BarCap. Son activité récurrente (excluant l’effet de la dette) a dégagé un bénéfice imposable de 1,33 milliard de livres, en baisse de 15% sur un an. Les revenus ont également reculé de 15% (à 3,28 milliards), décevant particulièrement les investisseurs. Comme la plupart de ses homologues américaines, BarCap affiche en effet une nette dégradation par rapport au début de l’année 2010. Les recettes tirées du trading sur les taux, les changes et les matières premières (FICC) ont chuté de 22%, tendance que les progressions de 11% et 10% dans le trading actions et dans le conseil n’ont pu compenser.
Dans un autre registre, l’établissement britannique va réintégrer dans ses comptes Protium Finance, un véhicule constitué de 7,4 milliards de livres d’actifs toxiques, transférés en 2009 pour éviter d’avoir à subir des dépréciations en juste valeur. Ce fonds est géré par C12, une société composée d’anciens de Barclays. Le transfert avait été financé par un prêt de la banque.
Mais l’intérêt de la manœuvre est remis en question par les futures règles de Bâle 3. En effet, la contrepartie en fonds propres du prêt devrait tripler sous la nouvelle réglementation. Un «coût» qui fait frémir les investisseurs. Barclays veut donc accélérer la cession des actifs sous-jacents. Comme évoqué lors des résultats 2010, Barclays va restructurer sa créance à l’égard de Protium. La maturité du prêt sera raccourcie au 15 juin 2014. D’ici à la fin du mois, la banque aura pris le contrôle de Protium, non sans avoir payé 83 millions de dollars aux gérants de C12, en compensation de commissions non perçues.
Plus d'articles du même thème
-
Prépar-Vie sélectionne une plateforme technologique pour ses opérations d’investissement front-to-back
L'opération doit permettre à l'assureur de simplifier ses opérations d’investissement et de rationaliser le reporting de son actif général et de ses investissements en unités de compte au sein d’une plateforme unique. -
L'enquête interne de Malakoff Humanis éclaire le rôle d'un intermédiaire dans sa délégation de gestion
La société de conseil Thomas Vendôme Investment a obtenu contractuellement plus de 22 millions d'euros de commissions de la part de gérants retenus par Malakoff Humanis, selon de nouveaux documents révélés par Mediapart. -
Le marché obligataire envoie un sérieux avertissement à la France
A la veille de la présentation du budget, l’écart entre le rendement de l’OAT 10 ans et celui du Bund de même maturité a bondi à 127 points de base, pour la première fois depuis 2012, dépassant les scénarios redoutés par les stratégistes.
ETF à la Une
WisdomTree mise sur des ETF à rendement défini
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- Laura Denis, un air frais souffle sur Bercy
- L’inquiétante correction des marchés de taux
- TotalEnergies va augmenter son dividende et réduire sa dette
- Le Crédit Agricole et UniCredit envisageraient de se partager l’italien Banco BPM
Contenu de nos partenaires
-
Sublimer l’infiniment petit
Pour une Maison fondée en 1755, la préservation des savoir-faire pourrait consister à regarder vers le passé. Chez Vacheron Constantin, c’est tout l’inverse. La manufacture genevoise les met à l'épreuve, tout en les confrontant à de nouveaux terrains d’expression. -
Légende noire« Il reste une empreinte idéologique assez forte d’Alain Soral sur le Rassemblement national »
Antisémitisme, virilisme et conspirationnisme : le politiste décrypte l’influence qu’a eue le polémiste antisémite sur Jordan Bardella dans ses jeunes années au Front national -
Ses mains ont la parole
C’est en Suisse, à la Fabrique du Temps de Louis Vuitton qui participe notamment aux Journées Particulières, qu’un émailleur aux mains d’or perpétue des traditions séculaires.