Toutes les entreprises de la branche AFB peuvent désormais actionner un nouveau dispositif de formation, la Pro-A, pour lutter contre l’obsolescence des compétences d’une partie de leurs salariés.
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Hélène Truffaut
Banques, il est l’heure de jouer en Pro-A !
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Après l’accord unanimesigné le 23 juin dernier par la branche AFB, la branche Banque Populaire s’est à son tour saisie de la Pro-A – reconversion ou promotion par alternance – par le biais d’un accord conclu en novembre. Ce dispositif issu de la loi « Avenir professionnel » du 5 septembre 2018 a pour objectif de permettre aux salariés – d’un niveau de qualification inférieur à celui correspondant au grade de la licence (bac+3) – de changer de métier ou de profession, ou bien de bénéficier d’une promotion sociale ou professionnelle.
Comment ? Par la mise en œuvre d’une formation en alternance ou d’une validation des acquis de l’expérience (VAE) débouchant sur l’obtention d’une certification inscrite au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP), préalablement listée dans un accord collectif de branche étendu. Ambition affichée du dispositif : lutter contre l’obsolescence des compétences, dans un contexte d’évolution marquée des technologies et de l’organisation du travail. Un outil complémentaire au plan de développement des compétences de l’entreprise et au compte personnel de formation (CPF) et financé en tout ou partie par les opérateurs de compétences – en l’occurrence l’Opco Atlas –, dont le secteur bancaire a perçu tout l’intérêt. Même si, au départ, certains esprits chagrins regrettaient de ne pas pouvoir en faire bénéficier des collaborateurs plus diplômés.
40% des salariés éligibles
« Selon les travaux menés par l’Observatoire des métiers de la banque (OMB) et les partenaires sociaux de la branche, 40 % des salariés [sur 186.800, NDLR] seraient éligibles à ce dispositif, pour près de 40 certifications différentes », précise l’AFB. La branche Banque Populaire, au sein de laquelle 45 % des effectifs (sur 30.500) ont un niveau de qualification infra bac+3, liste de son côté une petite cinquantaine de titres et diplômes propres à répondre à ses besoins.
Les changements à l’œuvre dans le secteur sont connus : digitalisation et automatisation des tâches, impacts de la gestion et de l’exploitation des données sur les métiers, évolution des attentes de la clientèle requérant une exigence accrue de personnalisation et de technicité, apparition de nouveaux opérateurs à distance… Le tout associé à une complexification de la réglementation bancaire. Pour les DRH, le chantier « compétences » est colossal.
« On parle beaucoup, dans le contexte actuel de transformation et de tensions sur l’emploi, d’un plan Marshall pour la formation, mais cela fait des années que le SNB considère la formation comme le fer de lance des mutations du secteur bancaire, déclare Frédéric Guyonnet, le président du SNB/CFE-CGC. Il fallait agir au regard des métiers qui sont menacés ou en forte évolution, et ces accords Pro-A sont un très bon début. » Et de pointer, dans les métiers du réseau, l’accueil ou encore le middle office, dont les tâches, auparavant réalisées en agence, sont transférées aux sites centraux. « Les métiers de production ont fondu comme neige au soleil, mais les fonctions support aussi sont touchées. Selon les établissements, certains emplois ont d’ores et déjà disparu ou se sont profondément transformés, dans les moyens de paiement, la monétique, l’archivage, etc. »
Une étude menée en 2021 par l’OMB avec Actéhis et Thomas Legrand Consultants a établi une liste de 14 métiers potentiellement concernés par un recours à la Pro-A (voir tableau ci-dessous), dont certains, tels le chargé d’accueil et de services à la clientèle et le gestionnaire de back-office, pourraient ne plus figurer dans la liste des 26 métiers repères de la convention collective de la banque d’ici à trois ans. A noter que l’accord Banque Populaire inclut, dans sa liste de métiers en forte mutation, celui de manager, du fait d’un besoin accru d’accompagnement des équipes.
Un parcours de six à douze mois
Le niveau des certifications éligibles à la Pro-A peut être supérieur, identique voire inférieur à celui déjà détenu par les bénéficiaires. Mais les qualifications repérées dans les accords répondent-elles pleinement aux besoins actuels du secteur ? « Nous suivons cela de près avec les commissions formation des banques et nous constatons qu’elles collent de plus en plus aux exigences du terrain en matière d’assurance, de crédit, d’épargne, de gestion privée, etc., ce qui est pour nous un motif de satisfaction », répond Frédéric Guyonnet. Le chargé de clientèle particulier peut, par exemple, s’orienter vers la licence pro Commercialisation de produits et services, le BTS Banque conseiller de clientèle (particuliers) ou la certification Conseiller multicanal de clientèle particuliers en banque assurance. Ces trois titres regroupent l’intégralité des activités et compétences à maîtriser et à renforcer au vu des tendances d’évolution du métier.
Dans le détail, qu’il s’agisse de monter en compétences ou d’envisager une mobilité fonctionnelle, la Pro-A, à l’initiative de l’employeur ou du salarié lui-même, est formalisée par la signature d’un avenant au contrat de travail. Lequel précise sa durée – comprise entre six et douze mois, voire plus dans certains cas particuliers – et son objet. La formation peut être réalisée en tout ou partie pendant le temps de travail, avec maintien de la rémunération, ou, dans une certaine limite, hors temps de travail, avec l’accord du salarié concerné. Qui doit être accompagné d’un tuteur au sein de l’entreprise tout au long de son parcours.
L’accord AFB a d’ores et déjà été étendu par un arrêté du 23 septembre publié au Journal officiel du 11 octobre dernier. Aux DRH et aux salariés de la branche de jouer !
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