Banques et assureurs mutualistes sont appelés à moderniser leur gouvernance
En France, le mutualisme domine le marché de la banque de détail (67% des encours de dépôts et 71% des crédits aux particuliers) et celui de l’assurance des biens et des personnes. Ce modèle historique, même s’il est performant économiquement (les mutualistes ont généré plus de 2/3 de la rentabilité d’exploitation des établissements en 2012), pourrait être réformé en vue d’en «pérenniser l’efficacité» selon un rapport de l’Institut Montaigne.
Le think tank indépendant d’inspi-ration libérale présidé par Claude Bébéar, formule 17 propositions pour adapter le mutualisme aux évolutions des comportements des clients, consuméristes et internautes, aux pressions sur les modèles économiques, et au renforcement des exigences réglementaires européennes.
Le texte a été rédigé par deux hommes du sérail, un assureur, Thierry Martel, directeur général de Groupama, réélu président de la Fédération française des sociétés d’assurance mutuelles en décembre, et un banquier, Michel Mathieu, directeur général délégué de Crédit Agricole SA.
Outre le fait de mieux valoriser et faire connaître leurs spécificités, le rapport invite les mutualistes à «se doter des outils financiers et juridiques afin de permettre le renforcement des fonds propres», notamment, pour les assurances, à «faire accepter l’endettement externe comme une possibilité de refinancement normale».
Une proposition phare concerne la modernisation de la gouvernance vers davantage de professionnalisation, alors que 2015 va être de fait une année de changements dans les groupes français. Il s’agit ainsi de généraliser des parcours de formation pour les administrateurs élus par les sociétaires ou leurs délégués, en particulier sur les nouvelles règlementations, afin de les associer pleinement aux décisions. Mais aussi de veiller à ce que les conseils des groupes mutualistes se dotent des processus et moyens permettant «le renouvellement régulier et transparent des membres», par des limites d’âge ou du nombre de mandats par exemple.
Le texte invite aussi à améliorer la participation des membres à la vie mutualiste et aux assemblées générales. En leur permettant notamment d’y assister à distance avec les outils numériques.
Plus d'articles du même thème
-
Audi s'apprête à construire sa première usine aux Etats-Unis
La marque haut de gamme du groupe Volkswagen a prévu d’investir 4 milliards de dollars en vue de produire jusqu’à 200.000 véhicules par an à partir de 2030. -
La BCE se dirige vers un statu quo sur fond d'envolée des spreads
D’un côté, la croissance résiste et l’inflation énergétique augmente. De l’autre, la hausse des taux longs prend le relais de la Banque centrale européenne dans le resserrement des conditions financières. L’institution devrait rester l'arme au pied jeudi, sans proposer d’intervenir sur les taux français. -
Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
L’insurtech, alliée pour l’occasion à Allianz, arrive première dans l’appel d’offres du contrat santé quinquennal destiné à couvrir les salariés des organismes de sécurité sociale. L’instance paritaire qui doit entériner ce choix a été démise de ses pouvoirs pour quelques semaines, le temps qu’une administratrice provisoire valide la décision.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Les OAT décrochent après les troubles en France
- Banquiers et assureurs activent les mesures d’urgence post-mouvements sociaux
Contenu de nos partenaires
-
EruptifEmmanuel Macron et Sébastien Lecornu face aux crises : comment trouver la sortie ?
Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu doivent répondre aux revendications des lycéens et des syndicats alors que les violences peuvent à nouveau enflammer la France -
CitadelleA Orléans, le récit de « civilité » de Marine Le Pen et du RN à l’épreuve des tensions
Marine Le Pen a placé son lancement de campagne sous le signe de la « civilité », promettant concorde et apaisement. Mais les incidents se sont multipliés à Orléans -
EditoY a-t-il encore une place pour le camp des raisonnables ?
L'ignoble attentat raciste de Trappes a donné un tragique prolongement aux haines qui prospèrent dans une France polarisée et à bout de nerfs.