Bank of America veut solder les affres de l’acquisition de Countrywide
Bank of America (BoA) veut tourner la page de la crise des subprimes et de la désastreuse acquisition de Countrywide Financial en 2008. Il a donc passé, dans les comptes du premier trimestre 2014, une provision de six milliards de dollars pour se prémunir contre le coût des litiges associés aux prêts hypothécaires accordés pendant les années de bulle financière.
Sur cette somme, 3,6 milliards couvrent en partie l’accord passé le 26 mars avec la Federal Housing Finance Agency (FHFA), qui réglemente les sociétés de refinancement hypothécaire. D’un montant total de 9,33 milliards de dollars, il concerne la vente à Freddie Mac et Fannie Mae de titres de dette adossés à des créances immobilières subprimes par les différentes entités de BoA.
Le reste des provisions (2,4 milliards) alimente les réserves destinées à d’autres litiges hypothécaires déjà connus. La banque n’a pas souhaité donner davantage de précisions, mais elle avait indiqué le mois dernier qu’elle devrait peut-être payer de nouvelles amendes dans le cadre d’enquêtes menées par plusieurs institutions gouvernementales.
Conséquence, le groupe affiche une perte de 276 millions de dollars, contre un bénéfice net de 1,48 milliard un an plus tôt. Même si la teneur de l’accord avec la FHFA était connue, la perte a été d’autant plus une surprise que la banque sortait d’une année 2013 particulièrement bonne, avec un bénéfice de 11,4 milliards – un record depuis 2007. Il reste à savoir dans quelle mesure ces provisions sont un solde de tout compte, ou si d’autres mauvaises surprises risquent de surgir en cours d’année.
Signe encourageant toutefois, les frais – hors litiges sus-nommés – de la division Legacy Assets and Servicing, qui gère les créances douteuses avec les emprunteurs, ont reculé de 38% au premier trimestre sur un an. En terme d’activité, l’évolution des revenus sur les taux était scrutée avec attention. Ils ont reculé de 15% à 2,95 milliards de dollars (hors exceptionnels), alors JPMorgan a accusé une chute de 21%, à 3,8 milliards.
BoA a également annoncé hier la signature d’un accord avec le rehausseur de crédits Financial Guaranty Insurance Company (FGIC) et Bank of New York Mellon concernant la vente de créances titrisées. Mais la somme en question (940 millions de dollars, dont 584 millions pour la FGIC) est couverte par les provisions passées au 31 décembre 2013. Elle n’affecte donc pas les comptes de BoA en 2014.
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