Bank of America prévoit de s’alléger au sein du capital de China Construction Bank
La course aux fonds propres, motivée par le durcissement des exigences des régulateurs, va pousser les établissements bancaires à faire preuve d’imagination. Pour Bank of America, une cession partielle de sa participation de 10,6% dans China Construction Bank (CCB), évaluée à 21 milliards de dollars, constituerait une manne toute trouvée. Cette hypothèse est sérieusement envisagée au sein de l'établissement, selon plusieurs sources proches du dossier citées par Reuters. Elle ne pourra toutefois se concrétiser qu’après le mois d’août, un mécanisme de lock-up empêchant jusqu'à cette date toute cession d’envergure.
La première banque américaine sur le plan des actifs devrait toutefois conserver la moitié de sa participation, étant donné qu’elle souhaite demeurer un investisseur stratégique. Bank of America est un actionnaire de longe date dans CCB. La banque avait versé 3 milliards de dollars en 2005 pour prendre 9,9% du capital en amont de l’entrée en bourse. Elle avait ensuite exercé une option lui permettant de s’attribuer 11% supplémentaires, pour 9,2 milliards de dollars, avant de céder sa participation initiale en mai 2009, engrangeant au passage une plus-value de 7,3 milliards de dollars.
«La vraie solution pour Bank of America qui permettra de créer de la confiance tourne autour de ces grosses opérations de levée de fonds prévues pour la seconde partie de l’année, dont la vente de titres CCB», confirme Charles Peabody, analyste chez Portales Partners. Les acquéreurs potentiels pourraient être des fonds souverains, a-t-il précisé. Anticipant les défis réglementaires à venir, Bank of America s’est déjà délestée de nombre d’actifs, dont sa filiale d’assurance Balboa, First Republic Bank, ainsi que des participations dans le gérant BlackRock.
Son directeur général, Brian Moynihan, a estimé la semaine dernière que l'établissement pouvait générer du capital au travers de ses bénéfices et qu’une augmentation du capital n'était pas nécessaire. Il a prévenu que des surcharges en fonds propres pour les établissements d’importance systémique pourraient freiner le crédit et détourner les investisseurs des sociétés financières.
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