Bank of America poursuit son programme de cession d’actifs
Balayée par des vents contraires, Bank of America (BofA) poursuit ses ventes d’actifs. Dans la foulée de la cession de sa participation de 2% dans Blackrock pour un montant de 500 millions de dollars à Mizuho, BofA a annoncé la cession à Temasek de ses droits de souscription donnant accès à 1,79 milliard d’actions de China Construction Bank (CCB) dans le cadre de l’augmentation de capital de 9,3 milliards de dollars de la banque chinoise.
BofA avait acquis 9,9% du capital de la banque chinoise pour 3 milliards de dollars en 2005, avant qu’elle ne procède à son introduction en Bourse, et avait ensuite exercé son option d’achat lui permettant de prendre une participation supplémentaire de 11% dans CCB. L’investissement s’était avéré juteux dans la mesure où BofA avait revendu sa participation initiale pendant la crise, encaissant au passage une plus-value avant impôt de 7,3 milliards de dollars.
La stratégie est en ligne avec l’engagement pris par la banque américaine de lever 3 milliards de dollars provenant de la vente de ses participations d’ici à la fin de l’année, contre 1,9 milliard déjà réalisé au 30 septembre. BofA avait indiqué qu’à l’issue du troisième trimestre, sa participation dans CCB pesait 19 milliards de dollars, soit 15% des 126,4 milliards de dollars de capital Tier 1 détenus par la banque en actions ordinaires.
Avec 10,2% du capital contre 10,95% avant l’opération, BofA resterait néanmoins le deuxième actionnaire dans la banque chinoise, après l’Etat (qui détient 57% du capital), même si ni Temasek ni BofA n’ont indiqué le montant de la vente. «Cette transaction ne remet aucunement en causse notre alliance stratégique avec CCB», a tenu à préciser Jerry Dubrowski, un porte-parole de la banque.
Réduire ses participations dans d’autres établissements financiers et renforcer ses fonds propres pour satisfaire aux exigences des régulateurs d’une part, et garder des intérêts dans des investissements stratégiques d’autre part, telle est l’équation complexe que tente de résoudre la banque américaine. De plus, comme le souligne Dorris Chen, analyste chez BNP Paribas, «BofA doit également faire face à la pression des contribuables américains qui ont versé des milliards pour sauver le système bancaire de la faillite et qui seraient très mécontents si la banque finançait une banque chinoise plutôt que les consommateurs américains».
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