Bank of America perd l’un de ses banquiers vedettes au profit d’UBS

Après avoir participé aux faits d’armes de Merrill Lynch, Andrea Orcel va codiriger la BFI d’UBS avec Carsten Kengeter
Antoine Duroyon

Bank of America subit une défection de poids. En son temps candidat à la direction d’UniCredit, Andrea Orcel va rejoindre UBS. A compter du 1er juillet prochain, il codirigera la banque de financement et d’investissement (BFI) au côté de Carsten Kengeter. Sergio Ermotti, le directeur général de la banque helvète et l’un de ses anciens collègues chez Merrill Lynch, lui a donc confié la lourde tâche de redresser une activité ébranlée par l’affaire de trading non autorisé en 2011.

Selon un banquier cité par Reuters, Andrea Orcel «provoque toujours une forte réaction chez les clients: soit ils l’aiment, soit ils le détestent». Ce quadragénaire polyglotte a rejoint Merrill Lynch en 1992 et s’est hissé en 2009 jusqu'à la tête de la division Global Banking and Markets, un an après le rachat par Bank of America. Il s’est forgé une solide expérience dans le secteur bancaire en participant aux opérations les plus emblématiques de ces dernières années : l’acquisition d’Abbey National par Santander en 2004, la reprise d’ABN Amro par Royal Bank of Scotland et, plus récemment, l’augmentation de 7,5 milliards d’euros d’UniCredit.

Le banquier a défrayé la chronique en pleine tourmente financière. Au titre de l’exercice 2008, il empoche une rémunération de 33,8 millions de dollars alors que la banque essuie 27 milliards de dollars de pertes. Cela ne l’empêche pas de continuer à gravir les échelons; en 2010, ses fonctions sont étendues à la présidence des marchés émergents, dont l’Asie. Avec Carsten Kengeter, il sera chargé chez UBS de redessiner une BFI moins gourmande en capital. La banque suisse a par ailleurs annoncé la nomination, à compter du 1er avril, d’Alex Wilmot-Sitwell à la présidence de la BFI, tandis que Chi-Won Yoon prendra seul les manettes de la région Asie-Pacifique.

Pour Bank of America, la nouvelle est un coup dur, alors que l'établissement, engagé dans un vaste plan de réduction des coûts, est soumis à la pression de ses actionnaires. L’action, qui a perdu près de 31% depuis un an, a cédé hier 2,24% à 9,60 dollars. Et pour le couronner le tout, des sources citées par les agences évoquaient le départ imminent à la retraite de Jonathan Moulds, le président de l’activité en Europe et au Canada, après 18 ans de maison.

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