Bank of America paie toujours l’acquisition de Countrywide
Bank of America (BoA) a déçu les investisseurs à l’occasion de la publication de ses comptes du premier trimestre 2013. Car le quadruplement de son bénéfice net à 2,62 milliards de dollars provient surtout du fait que la banque avait dû passer une charge de 4,8 milliards liée à l’évolution de la valeur de sa propre dette au premier trimestre 2012 – l’effet de base était donc favorable aux comptes 2013.
L’amélioration est également le résultat d’une forte baisse des dépenses et d’un recul des provisions pour pertes de crédit (-29,2% à 1,71 milliard), mais les investisseurs ne semblent pas en avoir crédité BoA. Peut-être aussi parce que l’établissement voit par ailleurs ses revenus reculer dans la plupart de ses activités, tant en banque de détail qu’en banque d’investissement. Au total, les revenus ont baissé de 11% à 84,2 milliards.
BoA Merrill Lynch continue de traîner comme un boulet l’acquisition du spécialiste de l’immobilier Countrywide Financial en 2008. Les pertes de l’activité de prêts hypothécaires aux particuliers se sont creusées, passant de 1,14 à 1,31 milliard de dollars, malgré une production en hausse (+57% à 24 milliards). JPMorgan, qui a publié ses comptes vendredi dernier, a subi un phénomène proche, avec un recul des profits de 31% dans le crédit à l’habitat malgré une augmentation de la production de 37%. La faiblesse des taux d’intérêt, qui s’est accentuée au cours du premier trimestre 2013, n’arrange rien.
En outre, le coût des contentieux avec les emprunteurs (concernant des souscriptions de prêts et des expropriations considérées comme abusives) s’est accru de 11% à 881 millions de dollars sur un an. Mais il est en baisse par rapport aux 916 millions du dernier trimestre 2012. Brian Moynihan, le directeur général de BoA, espère que la fin des litiges approche pour ainsi réduire d’un milliard de dollars par trimestre en 2013 les dépenses de l’équipe qui gère les créances hypothécaires douteuses. Il entend plus globalement réduire les coûts de 8 milliards dans l’ensemble du groupe d’ici à la mi-année 2015.
La faiblesse des taux a également pesé sur les activités de trading, dont les revenus ont reculé de 13%, à 4,5 milliards de dollars. En revanche, l’activité de gestion d’actifs et de gestion de fortune constitue l’élément positif du trimestre. Son bénéfice a bondi de 31% à 720 millions, pour des revenus en hausse de 6,6% à 4,4 milliards.
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