Bank of America paie encore le prix de ses acquisitions passées
Bank of America a publié mercredi un petit bénéfice au titre du troisième trimestre en dépit d’une charge de 1,6 milliard de dollars liée à des poursuites judiciaires, la diminution des provisions pour créances douteuses ayant soutenu les résultats. Ces derniers montrent toutefois que le bilan de Brian Moynihan, le directeur général de la deuxième banque américaine, reste plombé par les acquisitions réalisées durant la crise financière.
Le mois dernier, le groupe avait accepté de débourser 2,4 milliards de dollars pour refermer un dossier judiciaire dans lequel il était accusé d’avoir dissimulé des informations à ses actionnaires lors du rachat de Merrill Lynch en 2008. Alors qu’il avait déjà provisionné des fonds dans la perspective de ce règlement amiable, il avait expliqué le mois dernier que l’accord définitif et divers autres éléments exceptionnels réduiraient son bénéfice du troisième trimestre de 28 cents par action.
Pour tenter de soutenir ses résultats, BoA a lancé en 2011 un vaste programme d'économies censé réduire ses dépenses annuelles de 8 milliards de dollars, via notamment la suppression de 30.000 postes. Mais malgré ce plan, les dépenses d’exploitation du groupe ont encore augmenté de près de 1% au troisième trimestre, à 17,54 milliards de dollars.
La période juillet-septembre se solde par un bénéfice de 340 millions de dollars (259 millions d’euros), donnant un résultat par action nul, contre 6,2 milliards (56 cents/action) un an plus tôt, lorsque des cessions d’actifs et des effets comptables avaient au contraire dopé les profits.
Dans le détail, les résultats confirment les tendances observées chez les concurrents. Les revenus des activités de trading sont en nette progression hors exceptionnels sur un an (3,2 milliards contre 1,3 milliard), mais stagnent par rapport au deuxième trimestre. L’amélioration de l’immobilier américain, encore visible hier dans les chiffres de mises en chantier (+15%, la plus forte hausse depuis quatre ans), s’est traduite par une croissance de 18% de la production chez BoA Merrill sur le trimestre. «Nous avons clairement commencé à sortir de l’impasse», a déclaré hier Bruce Thompson, le directeur financier de la banque.
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