Bank of America enterre la hache de guerre avec le rehausseur de crédit MBIA
Bank of America (BoA) et le rehausseur de crédit MBIA mettent fin à un contentieux financier important issu de la crise hypothécaire et financière de 2008. La banque américaine a annoncé hier soir qu’elle allait verser 1,6 milliard de dollars en numéraire à MBIA et qu’elle lui ouvrira une ligne de crédit de 500 millions de dollars. Elle abandonnera également une créance de 137 millions sur des titres obligataires émis par MBIA en décembre dernier et recevra une participation de 4,9% à son capital. L’accord a été approuvé par Ben Larsky, directeur du département des services financiers de l’Etat de New York, qui a salué «un pas en avant important» pour les deux sociétés. L’action MBIA a d’ailleurs terminé la séance sur un bond de 45,4% à New York, tandis que celle de BoA a pris 5,2%.
Suite à la crise financière, le rehausseur de crédit avait subi des milliards de dollars de pertes latentes sur des valeurs mobilières adossées à des actifs immobiliers pour lesquelles il s'était porté garant. Il avait reçu en 2009 l’autorisation de se scinder en deux entités distinctes, l’une de rehaussement de crédits destinés aux collectivités locales et l’autre chargée de régler le passif de la société. Mais un groupe de dix-huit banques avait fait obstacle à cette restructuration, jugeant que MBIA en ressortirait insolvable. Depuis lors, BoA et la Société Générale étaient les deux seules banques à ne pas avoir encore passé d’arrangement avec le rehausseur de crédit.
Si l’accord est plutôt favorable à la banque américaine, il va néanmoins avoir un impact sur ses comptes du premier trimestre. Alors qu’elle avait publié le 17 avril un bénéfice net trimestriel de 2,6 milliards de dollars, celui-ci va être amputé de 1,1 milliard pour s’élever finalement à 1,5 milliard. Quant à l’intérêt de cette transaction pour MBIA , Rob Haines, analyste chez CreditSights, estime que «si le rehausseur de crédit n’était pas parvenu à régler son litige avec BofA, sa filiale MBIA Insurance, qui garantissait des crédits hypothécaires toxiques, aurait été confrontée à de grandes difficultés». Si cet accord «ôte le risque d’un problème de liquidité à court terme» pour MBIA, «la viabilité à long terme de la société reste incertaine sans une nouvelle injonction de capital qui serait probablement dilutive», commente de son côté Cathy Seifert, analyste actions chez S&P capital IQ.
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